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Résumé de la communication
"Cela n’est pas vivre, que ne rien faire d’autre que conserver sa vie. Il ne s’agit pas de vivre, il s’agit d’être heureux, et heureux dans l’honneur, ce qui est encore un problème." Telle est la devise de Don Juan dans ''La Mort qui fait le trottoir'', pièce d’Henri de Montherlant. Voici un séducteur aux portes de la mort qui se rêve matador, héros d’une corrida épique. L’image tauromachique sert de référent pour évoquer ce drame. Quelle est la fonction dramaturgique de la tauromachie dans l’esquisse d’un Don Juan mourant? Il s’agit de montrer, en adoptant un regard comparatiste, comment le drame de Montherlant est un palimpseste qui défait le mythe pour replacer Don Juan dans une humanité prosaïque. Don Juan a la barbe grise, les traits bouffis, la bedaine naissante et les yeux vifs d’un jeune rusé. Loin d’être le « grand seigneur méchant homme » de Molière, on retrouve l’éphèbe byronien vieilli, aimant plus que jamais la gent féminine. Sa séduction tourne au dérisoire, tout comme une corrida ratée. ''La Mort qui fait le trottoir'' offre un personnage qui n’évolue plus dans la grandeur et dans l’esthétique, comme chez Kierkegaard, mais entre une Vénus décharnée et un Cupidon édenté. L’image de la corrida permet à la pièce de se maintenir sur un fil funambulesque, entre rires et larmes. Don Juan devient alors la figure incarnant le drame de l’existence humaine. Voué à la vieillesse, le mythe s’effondre pour redevenir vivant.
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