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Résumé de la communication
Durant onze années, l’auteure allemande Unica Zürn s’adonne à la composition de cent vingt-quatre anagrammes prenant la forme de poèmes. Cette production s’achève alors qu’elle entreprend la rédaction de son œuvre majeure, L’Homme-Jasmin. À la croisée de l’autobiographie, du témoignage et du document clinique, il s’agit du récit de son expérience de la maladie mentale. Les anagrammes, toutefois, ne sont pas totalement laissées de côté puisque Zürn en greffe une douzaine entre les lignes de ses « Impressions d’une malade mentale ». La présence de ce jeu de langage au sein de L’Homme-Jasmin pose avec acuité une question déjà omniprésente dans l’œuvre de Zürn : celle des rapports incessants et insistants entre écriture et folie. Adoptant comme postulat de départ que « […] non seulement le malade mental prend sa folie comme objet de son expression, mais encore la transmet doublement par la forme même que revêt sa production » (Nevert, 1993), nous montrerons que l’anagramme chez Zürn se fait non seulement la forme d’écriture la plus apte à rendre l’expérience de la folie, mais encore que le jeu de langage en vient à la contenir tout entière. Ce cadre anagrammatique, cependant, ne représente pas l’indice d’un enfermement psychotique dans l’écriture, mais consiste en un espace libérateur du fait de la re-composition et de la (ré)appropriation langagière qu’implique l’anagramme. L’écriture se fait un lieu d’affranchissement; l’écrivaine trouve une ultime délivrance par la lettre.
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