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Continuité analogique et discontinuité numérique : quelle place dans une épistémologie?

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Marc Champagne

Résumé de la communication

Une idée répandue — promue entre autres par Fred Dretske — veut que l'information que nous livre la connaissance empirique soit analogique, les concepts abstraits étant quant à eux porteurs d'information digitale. Certes, le clivage "contenu/contenant" auquel ce greffe cette distinction a été sérieusement pourfendu (notamment par Donald Davidson). Laissant de côté cette ambitieuse critique, nous nous interrogerons sur la place que devrait avoir la distinction entre l'analogique et le digital dans une philosophie de la connaissance. L'hypothèse que nous émettrons est qu'une modélisation épistémologique est mieux servie lorsqu'on inverse les rôles typiquement attribués à ce couplet quasi-technologique, l'interprétation traditionnelle étant foncièrement incapable de déboucher sur une normativité viable. La justification devient ainsi un flux de discours qui cherche à dessiner de façon discontinue les objets auxquels on souhaite porter l'attention. Étant donné qu'un tel acte se décline forcément dans le temps, nous soutiendrons que — contrairement aux critiques émises par W. V. O. Quine — il n'y a nul besoin d'adopter un holisme autosuffisant lorsqu'on constate que l'ostension requiert des spécifications discursives afin de parvenir à son objet. Nous conclurons en suggérant que cette façon de penser l'analogique et le digital est non seulement robuste, mais qu'elle cadre mieux avec la manière dont nous effectuons de facto la justification de nos connaissances.

Contexte

section icon Date : 8 mai 2008
host icon Hôte : Institut national de la recherche scientifique

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