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La mélancolie nothombienne

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Marie-Christine Lambert-Perreault

Résumé de la communication

Dans cette communication, je soutiendrai que la mélancolie constitue une structure infralangagière qui organise la production d’Amélie Nothomb. Les psychanalystes Michel David (2006) et Geneviève Bourdellon (2003) ont analysé certains textes de l’écrivaine au moyen de théories lacaniennes et freudiennes. Je propose, pour ma part, une grille de lecture apte à mettre en lumière la cohérence de l’œuvre entière à partir de la notion de mélancolie, définie par Mélanie Klein (1976) et Julia Kristeva (1987) comme un mode de fonctionnement psychique fondé sur une incapacité à gérer la perte. J’estime que, chez Amélie Nothomb, la mélancolie est associée au sémiotique, décrit par Kristeva (1974) comme une fonctionnalité antérieure au langage, proche du corps et du maternel, pouvant influencer le symbolique, c’est-à-dire le sujet de l’énonciation. En entrevue, Nothomb affirme que ses romans Le Sabotage amoureux (1993), Stupeur et tremblements (1999), Métaphysique des tubes (2000), Biographie de la faim (2004) et Ni d’Êve ni d’Adam (2007) racontent son existence singulière de fille de diplomate. Je montrerai que la mélancolie nothombienne transparaît dans le cycle autobiographique à travers les affects et passages à l’acte de la protagoniste Amélie, chez qui les épisodes dépressifs alternent avec des phases maniaques. Ces dernières sont caractérisées par la présence de troubles alimentaires, résultant d’un déni de la vie psychique, et par l’occurrence de fantasmes de toute-puissance.

Contexte

section icon Date : 12 mai 2009
host icon Hôte : Université d’Ottawa

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