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Conversion et philosophie stoïcienne

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Jonathan Naud

Résumé de la communication

Dans plusieurs études récentes portant sur le stoïcisme impérial, on peut lire que cette école philosophique nécessitait une forme de conversion. Pierre Hadot et Michel Foucault ont défendu l’idée que toute la philosophie antique (dont le stoïcisme tardif) exigeait une conversion : alors qu’aujourd’hui on se convertit pour adhérer à une religion comme le christianisme (conversion religieuse), dans l’Antiquité on se convertissait à la pratique d’une école philosophique (conversion philosophique). Une telle approche du stoïcisme n’est cependant pas aussi simple qu’il n’y parait. En effet, la notion de conversion est aujourd’hui naturellement associée au domaine religieux. La conversion philosophique semble alors nécessairement dépendre d’une conception « religieuse » de la philosophie. Est-ce en vertu d’une dimension religieuse que le stoïcisme impérial exige une conversion ou bien est-ce seulement en vertu de sa dimension philosophique? Je soutiens que le stoïcisme impérial exige une conversion de l’apprenti philosophe en raison de critères purement philosophiques. Cette thèse est significative, puisqu’elle supprime le lien de nécessité qui existerait entre la notion de conversion et l’univers religieux. Pour appuyer cette thèse, je présenterai une définition générale du concept de conversion qui devra être compatible avec son usage religieux, sans s’y restreindre. Je montrerai ensuite la présence de ce concept dans le lexique des textes stoïciens tardifs.

Contexte

section icon Date : 13 mai 2009
host icon Hôte : Université d’Ottawa

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