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Résumé de la communication
26 juin 1791. Le seigneur de Poleymieux, Guillin Dumontet, est massacré par les habitants du village et du voisinage. Dans les ''Origines de la France contemporaine'', Taine évoque un meurtre sauvage suivi d’un festin anthropophage. Cette analyse ne surprend guère, car l’historien du XIXe siècle assimile constamment la Révolution à l’anarchie et à la barbarie. Ce récit paraît d’autant plus suspect qu’il s’appuie sur celui de Mallet du Pan, un contre-révolutionnaire notoire, qui a lui-même rapporté les faits d’après le témoignage de la veuve du seigneur. Or, une lecture attentive des sources du tribunal de Lyon donne une certaine crédibilité à ces accusations. Comment alors expliquer cette violence extrême ? Notre communication a pour but de répondre à cette question délicate, très peu traitée et souvent écartée en raison de sa portée polémique. Pour ce faire, notre analyse s’appuie à la fois sur l’école classique (Lefebvre, Vovelle, Conein, Viola), qui a mis en lumière les mécanismes de la violence populaire, et sur les travaux historiques et anthropologiques sur le cannibalisme (Corbin, Crouzet, Viau). Nous pourrons ainsi montrer que la violence cannibale, qui apparaît dans un contexte de peur lié à la fuite du roi, est une forme de justice populaire mue par une volonté défensive et punitive. On mange l’autre pour détruire la source de la peur, mais aussi pour incorporer la force de l’ennemi. Les actes anthropophages obéissent à cette double logique d’altérité.
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