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Résumé de la communication
Au Québec, l’histoire des conflits mondiaux se condense souvent sur un seul point : la résistance aux conscriptions. Il s’agit cependant d’une sur-historisation superficielle, car il y a peu d’études originales. La faiblesse de l’analyse a favorisé le développement d’une véritable légende : les Canadiens français étaient rarement volontaires, les réfractaires se cachaient en forêt, les autres servaient de chair à canon, avec un massacre à Dieppe de jeunes de 18-19 ans, etc. Comme pour toute légende, il y a un fond de vérité, mais aussi beaucoup de faussetés. Par exemple, en réalité peu de conscrits atteignirent le front. Sur leur comportement, on ne sait rien. Il y a donc lieu de retourner aux sources originales, insuffisamment explorées. Autrement dit, l’on bavarde sur la conscription sans rien savoir des conscrits, ni leur nombre, ni leur parcours, ni leur sort, encore moins leur comportement. Au-delà de l’exercice d’histoire sociale nécessaire, un changement de perspective s’impose. Or, l’historiographie récente suggère que les conscrits européens furent moins rebelles qu’on l’a cru, qu’ils étaient rarement pacifistes et que leur comportement – la plupart furent de bons soldats – diffère peu de celui des soldats de métier. C’est ce qui expliquerait que les manifestations de désobéissance furent rares. Cette façon d’envisager les conscriptions, mutatis mutandis, pourrait lancer un cycle d’études sérieuses sur la participation des Québécois aux guerres mondiales.
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