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Résumé de la communication
Les historiens au Québec comme ailleurs se sont souvent représentés comme des «ouvriers» (Frégault) réputés pour leur savoir-faire. Dans un récent article de History and Theory, Barrera souligne qu’ils considèrent le vrai historien comme celui mettant en œuvre son savoir pour connaître le passé. Ainsi, le discours qu’ils tiennent non sur le passé, mais sur le savoir en fonction duquel ils le connaissent, l’épistémologie, est déconsidéré. On livre certes des impressions sur sa présumée absence dans la discipline – absence valorisée au nom d’un métier s’apprenant par expérience ou déplorée au nom d’un anti-empirisme – et elle ne fait l’objet d’aucune analyse déterminant sa nature. Or, la récente anthologie Parole d’historiens, regroupant cinquante textes réflexifs d’historiens québécois, offre une documentation via laquelle nous identifions certains enjeux structurant l’épistémologie historienne – l’objet de l’histoire, sa méthode, ses relations avec d’autres savoirs, son histoire – depuis l’institutionnalisation universitaire de la discipline dans l’après-guerre. Cette enquête déboulonne le mythe de l’historien empiriste se limitant à effectuer son savoir. Les historiens pour ériger et maintenir leur savoir en discipline ont dû aussi l’expliciter pour le définir et le justifier. L’épistémologie, loin de se réduire à un métadiscours cachant une pratique empirique défaillante comme le soutenait Bourdieu, est au cœur de la dialectique empirie-théorie de la discipline historique.
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