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L'art politique entre intervention et exposition : les « Produits remboursés » de Matthieu Laurette. Une réponse à Jacques Rancière

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Patrice Loubier

Résumé de la communication

La communication se propose de répondre à la critique de l’art politique formulée par Jacques Rancière dans son dernier ouvrage, ''Le spectateur émancipé''. L’auteur y soulève les contradictions qui compromettent selon lui l’efficacité concrète des pratiques activistes ou contextuelles contemporaines : soit celles-ci dépendent de l’exposition pour être diffusées et reconnues comme telles, soit elles versent dans l’instrumentalisation pratique en se fondant au réel. En oscillant ainsi entre lisibilité didactique et efficience sociale, les œuvres à visée politique semblent selon Rancière oublier qu’elles sont de l’art – de l’art tel qu’il a été redéfini par sa distance et son autonomie vis-à-vis du réel à partir de l’avènement du régime esthétique à la fin du 18e siècle. En examinant l’un des projets cités par l’auteur, les ''Produits remboursés'' (1993-2001) du Français Matthieu Laurette, nous montrerons au contraire comment l’art d’intervention peut prétendre à une efficience avérée tout en parvenant à maintenir l’autonomie inhérente au régime esthétique. L’œuvre de Laurette, basculant continûment entre mise en exposition et efficacité pratique, se présente comme forme constitutivement ambivalente, et c’est précisément dans ce statut indécidable que réside sa spécificité esthétique. La communication réinterprète donc la notion de dissensus qui caractérise le régime esthétique selon Rancière, en suggérant dès lors une possible résolution du dilemme entre autonomie et hétéronomie de l’art.

Contexte

section icon Date : 11 mai 2010
host icon Hôte : Université de Montréal

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