Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Résumé de la communication
Dans le dernier spectacle de Wajdi Mouawad, la place du corps de l’acteur face au déploiement des images donne un solide référent au regard du spectateur. Seul face aux parcelles de sa mémoire, d'un célèbre tableau de Rembrandt et des projections de son propre corps, celui-ci prend une consistance nouvelle. La réappropriation – ou remédiation, selon la terminologie de Bolter et Grusin – de la peinture par la vidéo et la matérialité-même des pigments malaxés sur scène par le comédien permettent une approche pleinement personnelle d’une image qui appartient au patrimoine mondial, afin d’en faire l’objet d’une quête individuelle et identitaire. Nous serons donc amenés à chercher de quelle manière cette quête s’effectue, quel rapport à l’image ce processus de remémoration d’un passé disparu entraîne, et quel est son impact sur le spectateur. Au-delà d’un rapport narcissique à l’image de soi, il s’agirait plutôt, à notre sens, d’un véritable souci d’interprétation personnelle, d’identification et de mémoire, thème autour duquel tout le théâtre de Wajdi Mouawad se concentre, et que la position particulière de l’artiste, seul face aux images, à ses souvenirs et au public, permet d’accomplir en y faisant participer le spectateur. Il en résulte que, par le truchement de la peinture, le spectateur découvre paradoxalement à la scène une nouvelle profondeur, oblitérée de nos jours par notre perception bidimensionnelle des images sur écran, appréhension qui remet en cause l’esthétique théâtrale de la distance et de l’illusion.
Vous devez être connecté pour ajouter un élément à vos favoris.
Veuillez vous connecter ou créer un compte pour continuer.
Outils de citation
Citer cet article :
MLA
APA
Chicago
Ajouter un dossier
Vous pouvez ajouter vos contenus préférés à des dossiers organisés. Une fois le dossier créé,
vous pouvez ajouter un article ou un contenu de la liste ou de la vue détaillée au dossier sélectionné dans la liste.