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Les romancières des Lumières face à la lecture

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Isabelle Tremblay

Résumé de la communication

Dans Through the Reading Glass: Women, Books, and Sex in the French Enlightenment, Suellen Diaconoff affirme que les romancières du XVIIIe siècle assument un rôle central dans l’éducation de leurs lecteurs et lectrices et qu’elles exercent une influence assurée sur les mœurs de leur époque. Quelles fonctions concèdent-elles à la lecture dans leurs romans ? De Françoise de Graffigny à Mme d’Épinay, pédagogue réputée tout comme Mme de Genlis et Louise de Kéralio, en passant par Marie-Jeanne Riccoboni, Catherine de Belvo et Mlle Fontette de Sommery, les romancières des Lumières sont nombreuses à représenter la lecture comme un expédient privilégié procurant à leurs héroïnes le moyen de s’épanouir. Au lieu d’être mise au service des règles et des codes de la société patriarcale et de remplir des objectifs moraux et sociaux, la lecture se donne comme une activité salvatrice permettant aux personnages féminins de se réaliser. En plus de légitimer la rêverie, espace de ressourcement, la lecture assure aux héroïnes la possibilité de se ménager un espace d’intimité. C’est aussi grâce à cette activité qu’elles acquièrent un savoir pratique qui rend possible le projet d’agir concrètement sur leur état physique et d’assumer leur vie. Source de liberté, la lecture est susceptible de favoriser la quête du bonheur des personnages féminins appelés à composer avec les contraintes que fait peser sur eux l’ordre établi.

Contexte

section icon Date : 12 mai 2010
host icon Hôte : Université de Montréal

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