pen icon Communication
quote

Voyage sans escale, au plus loin de l'inhumanité

TG

Membre a labase

Thibault Gardereau

Résumé de la communication

''Moisson de crânes '' de Waberi fait partie du projet : « Rwanda : écrire par devoir de mémoire » qui a permis à des artistes de séjourner à Kigali pour « enfin […] venir voir de [leur] propres yeux ». Waberi, qui a conscience des enjeux d’un tel livre, fait allusion à la fameuse question de Celan et par extension à celle d’Adorno sur l’impossibilité du langage à dire l’indicible, l’innommable. Pour appréhender l’horreur de génocide rwandais et contrecarrer cette impossibilité, Waberi utilise divers procédés : les modalités du texte court qui laissent une place aux sous-entendus, donc au silence ; l’intertextualité, qui détruit ce silence pour le supplanter par une logorrhée implicite ; l’interpénétration des genres, qui montre que le témoin conteur se dispute la narration avec le témoin mémorialiste ; la polyphonie, telle que définie par Mikhaïl Bakhti-ne, qui imprègne son récit et qui donne la parole tant aux victimes qu’aux génocideurs ; les différentes représentations allégoriques de la violence qui mettent en valeur plusieurs signifiances et qui poussent le lecteur lettré au devoir de mémoire. Entre l’un et le multiple, le désir et la difficulté de tout dire, l’agrammaticalité et l’''apodicticité'', Waberi se place ainsi à la frontière de deux traditions du discours du silence.

Contexte

section icon Date : 12 mai 2010
host icon Hôte : Université de Montréal

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :