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Géographie de l'exclusion, territoire invisible : l'Irak et l'architecture panoptique de l'occupation américaine (2003-2006)

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Sylvain Munger

Résumé de la communication

Sitôt l’issue de la campagne éclair de 2003 bouclée, cette guerre qui, suivant la terminologie officielle du Pentagone, se croyait devenue « une opération autre que la guerre », se transforme plutôt en une guerre pire que la guerre. Les Américains, au lieu de vivre au milieu des Irakiens, s’installent à la sortie des villes dans des FOB (Forward Operating Bases).Cet archipel fortifié est en fait l’expression d’une représentation « orientalisée » stratégique américaine qui met en forme l’espace et le temps d’une manière particulière, notamment en recréant, à l’étranger, des espaces « clos », véritables enclaves imperméabilisées de l’environnement. Cette séparation à la fois physique et psychologique entre Américains et Irakiens met en scène deux réalités existantes simultanément, mais distinctes géographiquement, qui cohabite sous les deux faces d’un manteau bétonné et tapissé de fils barbelés : l’Irak devenant l’expression d’un « passé » colonial ré-affirmé et réactivé par le prisme du « présent » colonial ». Par ce repli tactique, les Américains mettent en place un système de surveillance « panoptique » qui vise à affranchir les États-Unis d’une présence physique dans le territoire. L’Irak devient une sorte de « territoire invisible » parmi lesquels les FOB deviennent le procédé de « distanciation » d’une matrice architecturale de contrôle territorial carcéral où la sécurité d’un petit nombre s’est réalisée au profit de l’insécurité de la majorité.

Contexte

section icon Date : 13 mai 2010
host icon Hôte : Université de Montréal

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