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Le processus de subjectivation au cinéma : le cas de Close-Up de Abbas Kiarostami

SA

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Serge Abiaad

Résumé de la communication

Ma présentation portera sur le processus de subjectivation au cinéma, en prenant pour exemple le cas de "Close-Up" (1989) de Abbas Kiarostami, un film qui naît d’un fait-divers pour le moins fascinant. Sabzian abuse des Ahankhah, une famille bourgeoise de Téhéran, en se faisant passer pour le grand cinéaste iranien Mohsen Makhmalbaf. Il pénètre leur sphère intime en faisant croire qu’elle constituera, maison et personnages, la matière de son prochain film. Finalement confondu, l’usurpateur est arrêté. Kiarostami prend connaissance de l’affaire, décide de la documenter, et d'en faire un film. Le processus de subjectivation est un rapport de force de l'autre à soi. Le spectateur de "Close-Up" est exposé à ce processus aussi bien qu'il en fait l'expérience. La subjectivation découle de l'intérieur même du film; Sabzian réfléchit sur soi et se transforme (se dédouble) pour devenir autre (le réalisateur Makhmalbaf qui d'ailleurs apparaît à la fin du film, en présence de l’usurpateur). J'entends étudier ce processus de subjectivation par le ficelage de la réalité apparente qui exhume la réalité cachée et qui donne à voir au-delà des faux-semblants, de démontrer que le film (voire le cinéma) de Kiarostami est une subjectivation de la fiction pour véhiculer le documentaire, de sorte que la réalité arrive à jouer son propre rôle, à s'accomplir, à travers une reconstitution qui brouille les frontières du document.

Contexte

section icon Date : 13 mai 2010
host icon Hôte : Université de Montréal

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