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L'écriture féminine arabe en traduction : régénérée ou détournée?

SB

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Sanaa Benmessaoud

Résumé de la communication

Le discours occidental sur la femme arabo-musulmane la réifie comme invariablement victime de sa culture (Hunt et Rygiel 2006). Cette représentation ahistorique est très difficile à comprendre vu la demande croissante en Occident pour l’écriture féminine arabe (Booth 2003). Souvent rebelle, cette écriture démontre en effet que la femme arabe n’est pas essentiellement subordonnée et qu’elle ne constitue pas une catégorie homogène et monolithique. Or, une partie importante de cette écriture est médiatisée par la traduction, ce qui remet en question le rôle que joue la traduction de l’écriture féminine arabe dans la représentation de la femme arabe en Occident. L’article explore cette question-là en se basant sur une lecture féministe de l’orientalisme telle que proposée par Yegenoglu (1998). Pour ce faire, les traductions française et anglaise de deux œuvres d’écrivaines arabes, l’algérienne Mosteghanemi et la saoudienne Al-Sanea, seront soumises à l’analyse critique du discours. L’analyse couvrira plusieurs aspects de la traduction, y compris les stratégies discursives utilisées dans la traduction et le paratexte. L’article soutient que les pratiques discursives et éditoriales adoptées dans la traduction et la réception de l’écriture féminine arabe en Occident transforment cette écriture en un acte de soumission. L’écrivaine arabe, même lorsqu’elle est rebelle, est alors réduite à une informatrice qui ne fait que compléter un tableau orientaliste tout prêt, contribuant ainsi au discours occidental sur la femme arabe.

Contexte

section icon Date : 11 mai 2011
host icon Hôte : Université de Sherbrooke, Université Bishop’s

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