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Résumé de la communication
Avec la vidéo, la notion de plan a perdu toute sa pertinence et la problématique du montage est devenue une question d'un tout autre ordre. Le numérique permet de tourner en continu des plans très longs et cette possibilité d'une continuité ininterrompue ou presque, renverse le processus cinématographique du montage et de la fragmentation filmique. Le numérique ne fait qu'accroître cette possibilité de continuité. C'est justement cette capacité de prolongation qui va intéresser un cinéaste contemporain tel que Abbas Kiarostami en lui offrant un outil parfait pour prendre une vaste empreinte de durée. Kiarostami, encore plus que d'être metteur en scène, est un poseur de question sur le réel, sur le cinéma, et sur ce qui lie l'un à l’autre : la vérité. La caméra numérique modifie-t-elle la relation du cinéaste à son sujet? Le numérique emboîte-t-il la valeur mimétique de l'image? Il ne s’agit pas de filmer le monde, disait Deleuze, mais notre croyance en ce monde, notre seul lien. La vidéo brime-t-elle cette croyance, ce lien? Notre présentation tentera de répondre à ces questions, et à la capacité qu’a le numérique d’être révélateur de la (ou d’une certaine) réalité. Nous prendrons comme cas d’étude une série de films que Kiarostami a tournés numériquement, en partie ou dans leur totalité : "Le gout de la cerise" (1997), "ABC Africa" (1999), "Ten" (2001), "Five" (2003) et "Shirin" (2008)
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