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Chiara Bemporad : Simon Fraser University
La présente contribution examinera la continuité des apprentissages entre le contexte institutionnel universitaire et le contexte non-institutionnel. Il s'agira notamment de deux universités européennes situées en milieu francophone, donc homoglotte : le Centre Universitaire d'Etudes Françaises à Avignon au sein de l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse (France) et L'Ecole de Français Langue étrangère de l'Université de Lausanne (Suisse). En adoptant un point de vue émique et une méthodologie qualitative et compréhensive, nous analyserons des discours d'étudiants adultes en situation d'appropriation du français qui décrivent leur rapport aux langues faisant partie de leur répertoire plurilingue, et notamment en lien aux activités de lecture et/ou d'écriture plurilingues. Nous étudierons la façon dont les apprenants, considérés comme acteurs sociaux, donnent du sens à ces activités langagières, qui sont à la fois pour eux des tâches scolaires et des actions sociales, et décrivent la manière dont ils mobilisent leurs ressources pour développer leurs compétences en lecture et en écriture. Ces ressources comprennent à la fois les compétences multiples et variées dans leurs autres langues (Coste Moore Zarate 1997 ; Moore 2006) qu'ils activent dans leur vie quotidienne et les savoirs et savoir-faire dans la langue cible qu'ils se construisent dans un contexte homoglotte où la langue apprise in vitro est aussi la langue acquise et pratiquée in vivo (Bulea Jeanneret 2007).
L’objectif de ce symposium, organisé par le Collectif de recherche sur la continuité des apprentissages en lecture et en écriture, est double. Il s’agit, d’une part, d’examiner les relations que l’institution scolaire et la cellule familiale, deux instances de socialisation clés dans la réussite scolaire des élèves, entretiennent quant au développement des apprentissages en lecture et écriture. La sociologie de la famille et celle de l’éducation envisagent en effet aujourd’hui les relations École-Familles en termes de mobilisation des acteurs et de leurs ressources respectives après avoir longtemps pensé leurs liens en termes de discordance. Les modalités relationnelles qui s’accordent à penser et rapprocher les deux contextes d’appropriation (Litalien, Moore & Sabatier, soumis ; Ministère de l’Education, du Loisir et du Sport, 2007) prennent désormais appui sur la multiplicité des expériences des acteurs de l’acte éducatif (élèves, enseignants, parents, administrateurs), et incluent des discours et des savoirs construits dans différents espaces sociaux (la famille, la communauté, l’école), à différents moments de la scolarité, pour favoriser la construction de savoirs d’apprentissage divers.
On vise, d’autre part, à réfléchir comment, au-delà de la singularité des expériences des différents acteurs éducatifs et des initiatives évoquées, se dégagent certains traits saillants qui (re)définissent de nouvelles conceptions des liens École-Familles dans des contextes sociaux, linguistiques, culturels, scolaires de plus en plus diversifiés et complexes. La mise en regard des situations présentées dans ce symposium ouvre, ainsi, une fenêtre sur les processus de transformation sociale, en portant attention aux conditions globales et locales qui permettent aux instances scolaires et familiales de mobiliser les ressources nécessaires qui tiennent compte de l’acteur central, l’élève, dans ses capacités à mobiliser et construire du sens avec l’activité scolaire.