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De la mascarade féminine aux parades masculines : étude de la construction des représentations de genre dans la presse magazine de mode

JM

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Justine Marillonnet : Université de Lyon

Résumé de la communication

Si le procès des féministes à l'égard de la presse féminine a été vif ces dernières décennies, il est aujourd'hui question d'une nouvelle condamnation : celle du stéréotype de l'homme parfait dans les médias. Difficile construction des représentations du genre masculin, après plusieurs siècles d'un monde objectivement organisé à travers leur seul regard, dans lequel les hommes "étaient" et les femmes "paraissaient". Inversion du phénomène : la mascarade ne serait plus l'apanage des femmes. Et si la masculinité, tout comme la féminité, était un "masque". L'étude des représentations médiatiques du genre masculin et du genre féminin dans les images de mode de la presse magazine française introduira cette problématique. À la lumière des apports théoriques et méthodologiques des sciences de l'information et de la communication, de la sociologie du genre et de la sociologie de la mode, cette analyse répondra à un double objectif : démontrer la fonction d'indicateur du social de l'objet "image de mode" et proposer des conceptions du masculin et du féminin qui soient complémentaires dans le système mobile et pluriel du "genre" et non plus rivales ou opposées. Ces deux projets s'associent dans un ultime dessein : suggérer la possible négociation des normes genrées par le langage de la mode et le langage du corps, et entrevoir la possibilité d'une représentation médiatique stéréotypée mais non aliénante des sujets genrés, possiblement prescriptrice d'anticipation sociale.

Résumé du colloque

La désexualisation des statuts sociaux et des rôles familiaux en Occident a fait s’évanouir les évidences du passé sur les identités sexuées. L'égalisation des parcours dans la sphère socioprofessionnelle et l'accès désormais partagé au projet d'enfant ont brouillé les catégories usuelles qui permettaient de penser le féminin et le masculin. Comment s'assurer de son identité de femme quand on ne dispose plus de façon exclusive de la prérogative maternelle? Où loger sa féminité quand ses signes extérieurs sont assimilés à une soumission aux injonctions masculines? Comment « être homme » quand la doxa sociale tend à délégitimer le viril? Peut-on se poser légitimement la question de l'existence d'une condition « féminine » et d'une condition « masculine »? En un mot, quels sont les ressorts d'un enracinement de ce que nous proposons de continuer d'appeler le féminin et le masculin, mais dont la définition pose aujourd'hui question?

Une réflexion s'impose qui devra, dans une perspective pluridisciplinaire, explorer les chemins empruntés par les hommes et les femmes pour se penser et se donner à voir comme des individus de sexe masculin ou de sexe féminin. Sans nier la permanence d'une emprise du social sur les destins individuels, il faut remarquer que ceux-ci se présentent aujourd’hui comme des projets personnels susceptibles de suivre toutes sortes de trajectoires. Pour comprendre comment hommes et femmes s’assument en tant que sujets autonomes sexués, et ce, dans les dimensions privée et publique de leurs existences, plusieurs thématiques devront être abordées : le souci esthétique et la séduction, la maternité et la paternité, les relations entre les sexes, la recomposition des rôles, etc. Il s'agira de mettre au jour les modalités d'un rapport à soi et au monde inédit, orienté vers l'horizon de l'égalité de sexes, déterminé par le primat social de l'individualisme, mais enjoint dans le même temps à une certaine incarnation de la différence de sexe.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 7 mai 2012

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