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Françoise Armand : Université de Montréal
Dans le cadre d'un projet de recherche-action FQRSC (Vaatz-Laroussi, Armand, Rachedi, Kanouté, Steinbach, Rousseau et Stoica 2010-2013) visant à développer la motivation à écrire chez les apprenants allophones en apprentissage du français langue seconde, ainsi que le lien école-famille-communauté, une intervention a été mise en place dans une classe d'accueil au secondaire située un quartier pluriethnique montréalais.
L'objectif de l'étude est de recueillir des données sur le rapport à l'écriture d'élèves de la classe, tout au long de l'intervention qui valorise leurs langues et leurs histoires familiales, et donne la possibilité aux membres de leurs familles d'ajouter leurs voix au livre produit après trois mois d'action en classe (mais également lors d'ateliers dédiés aux parents dans des organismes communautaires).
Notre cadre conceptuel s'appuie sur un ensemble de recherches portant sur le rapport à l'écriture (Barré-De Miniac, 2000), la pertinence d'activités plurilingues centrées sur l'élève allophone immigrant pour développer des représentations positives sur soi et sur les langues (Candelier, 2003) ainsi qu'un investissement fort dans les activités de littératie (Cummins, 2009).
La méthodologie adoptée, afin d'analyser l'évolution du rapport à l'écriture de quatre élèves ciblés, est l'analyse qualitative et thématique des données dont la codification est extraite des grilles d'entrevue et d'une première analyse de discours en lien avec le cadre conceptuel.
L’objectif de ce symposium, organisé par le Collectif de recherche sur la continuité des apprentissages en lecture et en écriture, est double. Il s’agit, d’une part, d’examiner les relations que l’institution scolaire et la cellule familiale, deux instances de socialisation clés dans la réussite scolaire des élèves, entretiennent quant au développement des apprentissages en lecture et écriture. La sociologie de la famille et celle de l’éducation envisagent en effet aujourd’hui les relations École-Familles en termes de mobilisation des acteurs et de leurs ressources respectives après avoir longtemps pensé leurs liens en termes de discordance. Les modalités relationnelles qui s’accordent à penser et rapprocher les deux contextes d’appropriation (Litalien, Moore & Sabatier, soumis ; Ministère de l’Education, du Loisir et du Sport, 2007) prennent désormais appui sur la multiplicité des expériences des acteurs de l’acte éducatif (élèves, enseignants, parents, administrateurs), et incluent des discours et des savoirs construits dans différents espaces sociaux (la famille, la communauté, l’école), à différents moments de la scolarité, pour favoriser la construction de savoirs d’apprentissage divers.
On vise, d’autre part, à réfléchir comment, au-delà de la singularité des expériences des différents acteurs éducatifs et des initiatives évoquées, se dégagent certains traits saillants qui (re)définissent de nouvelles conceptions des liens École-Familles dans des contextes sociaux, linguistiques, culturels, scolaires de plus en plus diversifiés et complexes. La mise en regard des situations présentées dans ce symposium ouvre, ainsi, une fenêtre sur les processus de transformation sociale, en portant attention aux conditions globales et locales qui permettent aux instances scolaires et familiales de mobiliser les ressources nécessaires qui tiennent compte de l’acteur central, l’élève, dans ses capacités à mobiliser et construire du sens avec l’activité scolaire.