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Les études sur l'impact économique du vieillissement de la population sont particulièrement nombreuses et les conclusions ne font pas toujours l'unanimité. Si certains analystes y voient l'annonce d'une catastrophe qui obligera des transformations majeures de nos programmes sociaux, d'autres considèrent plutôt que ce phénomène, bien qu'important, ne demandera que certains ajustements.
Tous s'entendent cependant sur l'importance d'un allongement de la vie en emploi pour amoindrir les conséquences appréhendées du vieillissement. Jusqu'ici, l'âge moyen de la retraite a constitué le principal indicateur utilisé pour suivre l'évolution des comportements en regard de la retraite. Récemment, cette mesure a affiché une relative stagnation, alors que le taux d'emploi des personnes de 55 ans et plus s'est accru rapidement.
Cette présentation démontrera, dans un premier temps, le manque de pertinence de l'âge moyen de la retraite comme indicateur du changement des comportements en regard de la retraite. On proposera par la suite une mesure alternative, soit la durée anticipée de vie en emploi qui est estimée de façon similaire à l'espérance de vie. Cet indicateur montre des changements importants depuis le milieu des années 1990, changements largement sous-estimés par l'indicateur de l'âge moyen de la retraite. Il montre en particulier un allongement significatif de la durée de vie en emploi, ce qui pourrait amoindrir les conséquences appréhendées du vieillissement démographique.
Sur le plan socioéconomique, le vieillissement démographique se répercute notamment sur les programmes publics et leur financement, qu’il s’agisse des services sociaux et de santé, des régimes de retraite, de l’adaptation des infrastructures, etc. La disponibilité de la main-d’œuvre, la vitalité des territoires et, plus globalement, la croissance économique sont aussi au nombre des préoccupations liées au vieillissement et qui interpellent les instances publiques. De par la force du nombre, l’apport économique, social et politique des personnes âgées devrait aussi entraîner des changements importants dans la société, qu’il faut valoriser.
Sur le plan des individus et de leurs proches, la perte d’autonomie et les limitations d’activité conjuguées aux modifications des structures familiales et sociales ne seront pas sans conséquence. L’amélioration de l’espérance de vie et les incitations à prolonger la vie active devraient également marquer les habitudes et les conditions de vie des personnes vieillissantes. Enfin, d’éventuelles interventions gouvernementales visant à adapter le financement des programmes publics pourraient influencer les conditions de vie des personnes âgées.
Ainsi, le processus du vieillissement soulève des enjeux collectifs et individuels qui influent les uns sur les autres. Or, les travaux de recherche publiés à ce jour mettent généralement l’accent sur l’un ou l’autre de ces enjeux. En rassemblant dans un même lieu les chercheurs s’intéressant à l’une ou l’autre de ces perspectives, le colloque vise à créer un terrain propice à la mise en évidence des interactions et de l’interdépendance des phénomènes. Cette mise en commun (ou ce carrefour d’idées) fournirait aux décideurs un éclairage à la fois sur le caractère multidimensionnel des changements à venir et sur les impacts d’éventuelles réformes.
Le colloque réunira des chercheurs d'horizons disciplinaires variés, tant du milieu académique que des ministères et organismes gouvernementaux.