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Nabila Bachiri
Cette communication s'intéresse aux formes de mobilités d'adolescents de l'agglomération de Québec sous l'angle des pratiques et représentations des modes de transport ainsi que des discours sur les barrières et facilitants à la pratique de la marche. L'étude se base sur un journal de déplacements complété au printemps 2010 pendant une semaine et des entrevues semi-dirigées réalisées auprès d'une quarantaine d'adolescents de secondaire 4. La mobilité de ces adolescents est principalement passive autant les jours d'école que la fin de semaine. L'analyse de régression logistique détermine que le sexe, la localisation résidentielle, circuler seul ou avec des ami-e-s, plus de frères/sœurs et un revenu annuel plus élevé du foyer augmentent la probabilité d'avoir une mobilité active; alors qu'une durée de déplacement plus longue et plus d'automobiles par ménage diminuent cette probabilité. L'analyse qualitative montre que la densité/vitesse du trafic, les craintes sociales, l'absence de signalisation ou leur non-respect par certains automobilistes représentent des barrières face à la marche, alors que des rues animées, la verdure et de beaux panoramas, les commerces, un trafic limité et des trottoirs favorisent cette pratique.
Longtemps considérée comme le simple résultat des effets de friction de l’espace sur l’accessibilité des territoires, la mobilité est aujourd’hui davantage considérée comme un élément contribuant à la constitution du capital territorial, soit l’ensemble des ressources au sein d’un territoire qu’un individu peut mobiliser pour améliorer ses conditions de vie et de bien-être. Cette forme de capital varie en fonction du territoire de référence, des ressources disponibles au sein de celui-ci et des compétences individuelles. Avoir la maîtrise de sa mobilité constitue ainsi une source de pouvoir et contribue au développement et au maintien des identités individuelles et collectives. Or, l’étalement urbain, rendu possible par l’évolution des technologies de transport et plus visible avec le phénomène de métropolisation, crée des espaces de vie complexes et étendus, où les déplacements sont nombreux, où les échanges en face à face de plus en plus difficiles et où peuvent émerger divers conflits.
De plus en plus, les recherches sur la mobilité vont au-delà du couple mobilité-déplacement pour s’intéresser davantage au lien entre la mobilité et la qualité de vie, mettant en relief les différences et l’évolution des compétences de mobilité individuelles ainsi que des perceptions et des significations des déplacements et des territoires. Le droit à la mobilité est-il devenu le nouveau droit à la ville? Les potentiels de mobilité risquent-ils de créer et d’accentuer des inégalités spatiales, voire d’engendrer de nouvelles situations d’exclusion s’ajoutant à celles déjà bien connues? En s’intéressant au couple mobilité-interaction, le colloque traite de la mobilité à la fois comme source d’inclusion et d’exclusion et surtout comme génératrice et tributaire de pratiques spatiales émergentes. Il aborde la mobilité (et l’immobilité) en s’intéressant davantage aux échanges, aux possibilités d’interactions qu’elle permet… ou pas.
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