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Josée Yvon, par effraction

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Amélie Aubé Lanctôt : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Dans un style créatif qui dialogue avec l'œuvre de la poète Josée Yvon, cette communication montrera comment les récits et poèmes de cette auteure comportent des personnages de femmes marginales ; soit des prostituées, des danseuses, des délinquantes, toutes issues des bas-fonds de la société et dont le mode de vie se caractérise par la démesure. Bien que, par leur violence, ces textes fassent écho aux thèmes de la contre-culture, cette communication propose de se pencher plus spécifiquement sur le féminisme singulier (qualifié de « kamikaze », en lien avec le titre d'un des recueils) de Josée Yvon. Il sera donc démontré comment cette poète a mis en récit un pan de la féminité qui avait été occulté, et ce, à l'encontre des écrivaines des années soixante-dix qui s'étaient plutôt donné comme mission de revaloriser le féminin.

Résumé du colloque

Josée Yvon (1950-1994) est une des voix les plus singulières de la littérature québécoise. Interrompue de façon prématurée par son décès des suites du sida, son œuvre s’inscrit à la fois dans la contre-culture et le féminisme. À mi-chemin entre la poésie et le récit, et mettant en scène des personnages marginaux (lesbiennes, transexuels, danseuses), son écriture interroge les marges du genre sexuel et du genre littéraire, donnant la parole à des personnages féminins comme on en retrouve très peu dans la littérature américaine francophone.

Les enjeux qu’elle soulève, bien qu’ils s’inscrivent dans un contexte historique et politique précis, possèdent une actualité bien réelle. Les récentes théories sur le queer, le kitsch, l’américanité, l’hétérogénéité, le plurilinguisme, l’intermédialité et le performatif permettent de jeter un éclairage nouveau sur l’œuvre de Josée Yvon. Des titres comme Filles-commandos bandées, Travesties-kamikazes ou Maîtresses-Cherokees font figure de pionniers par rapport à ces questionnements qui habitent la critique et la création littéraires depuis quelques années.

Les livres de Josée Yvon placent le lecteur dans une position d’inconfort. Son écriture est inhospitalière, profondément dérangeante. Ce trouble, qu’on aurait tort de réduire à une simple volonté de provocation héritée du rock ou du mouvement hippie, constitue la charge à l’œuvre chez cette écrivaine que plusieurs apprécient sans oser l’avouer haut et fort. L’écriture cruelle de Josée Yvon est une des rares qui bousculent véritablement ceux et celles qui en font la lecture. Personne ne saurait être chez soi dans son œuvre. Nous y sommes, comme l’écrivait Jean Royer, dans « un monde qui meurt du poids de sa tendresse ». Ces fortes tensions, constitutives de l’écriture de Josée Yvon, en font une œuvre puissante, qu’il importe de considérer à sa juste valeur.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
news icon Thème du colloque :
Autour de Josée Yvon
section icon Date : 7 mai 2012

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Titre du colloque :

Autour de Josée Yvon

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