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La marche à pied, un moyen de déplacement comme les autres? Vers l'élaboration de profils d'usagers

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Nadja Victor : CEPS - Centre d'études de populations, de pauvreté et de politiques socio-économiques

Résumé de la communication

La pratique de la marche à pied est un mode de locomotion en soi qui permet d'interconnecter d'autres modes. De surcroît, elle implique une interaction directe entre l'usager et son environnement. L'objet de cette communication sera de proposer des profils usagers qui seront intégrés ultérieurement dans un modèle SIG d'accessibilité piétonne. Si l'idée de classifier des usagers est toujours une question sensible, la catégorisation par l'accès à leurs espaces semble envisageable et permet d'éviter les stéréotypes. Pour ce faire, nous proposerons une approche s'articulant autour du binôme contrainte/temps. En effet, selon ses caractéristiques intrinsèques (âge, sexe, capacité de déplacements, etc.), le piéton possède un rapport au déplacement et à l'espace différencié : temps de déplacement, nécessité de planifier son itinéraire pour éviter certaines barrières physiques ou psychologiques, etc. La prise en compte de ces caractéristiques permet d'élaborer un continuum de mobilité allant du joggeur aux personnes à mobilité réduite. L'enjeu de cette communication sera de découper ce continuum de manière non arbitraire pour proposer des profils de caractéristiques d'usagers.

Résumé du colloque

Longtemps considérée comme le simple résultat des effets de friction de l’espace sur l’accessibilité des territoires, la mobilité est aujourd’hui davantage considérée comme un élément contribuant à la constitution du capital territorial, soit l’ensemble des ressources au sein d’un territoire qu’un individu peut mobiliser pour améliorer ses conditions de vie et de bien-être. Cette forme de capital varie en fonction du territoire de référence, des ressources disponibles au sein de celui-ci et des compétences individuelles. Avoir la maîtrise de sa mobilité constitue ainsi une source de pouvoir et contribue au développement et au maintien des identités individuelles et collectives. Or, l’étalement urbain, rendu possible par l’évolution des technologies de transport et plus visible avec le phénomène de métropolisation, crée des espaces de vie complexes et étendus, où les déplacements sont nombreux, où les échanges en face à face de plus en plus difficiles et où peuvent émerger divers conflits.

De plus en plus, les recherches sur la mobilité vont au-delà du couple mobilité-déplacement pour s’intéresser davantage au lien entre la mobilité et la qualité de vie, mettant en relief les différences et l’évolution des compétences de mobilité individuelles ainsi que des perceptions et des significations des déplacements et des territoires. Le droit à la mobilité est-il devenu le nouveau droit à la ville? Les potentiels de mobilité risquent-ils de créer et d’accentuer des inégalités spatiales, voire d’engendrer de nouvelles situations d’exclusion s’ajoutant à celles déjà bien connues? En s’intéressant au couple mobilité-interaction, le colloque traite de la mobilité à la fois comme source d’inclusion et d’exclusion et surtout comme génératrice et tributaire de pratiques spatiales émergentes. Il aborde la mobilité (et l’immobilité) en s’intéressant davantage aux échanges, aux possibilités d’interactions qu’elle permet… ou pas.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 7 mai 2012

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