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Le travail social au Québec : évolution ou régression

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Louise Carignan : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi

Résumé de la communication

La mondialisation des biens et services ainsi que le virage néolibéral constituent les faits saillants pour des changements sociopolitiques et économiques de nos sociétés. Ces changements ont conduit à une course vers la productivité, l'efficacité de la main-d'œuvre et une compétition sans frontière plus vive ce qui a entraîné une précarisation de l'emploi, une augmentation du chômage, un renforcement des politiques managériales, un rétrécissement du filet de sécurité sociale et une augmentation de la pauvreté. Ces changements ont fragilisé les tissus sociaux et donné naissance à de nombreux problèmes sociaux par le fait même cela a transformé la pratique et les exigences du travail social. Au Québec, le travail social a évolué d'une visée vocationnelle et confessionnelle basée sur la charité et la philanthropie en passant par la bureaucratisation et l'institutionnalisation pour ensuite se professionnaliser, s'affirmer dans une identité qui lui est propre. Au fil du temps, le travail social a pris appui sur les données scientifiques et sur les savoirs d'expérience. Au nom de cette identité, on cherche à lui imposer un référentiel de compétences pour enclaver les agirs des professionnels, pour homogénéiser les pratiques, cela ne pourrait-il pas contribuer à une régression plutôt qu'à une évolution?

Résumé du colloque

Dans une perspective comparative dans l'espace francophone, ce colloque entend analyser en quoi les pratiques de formation en travail social sont « impactées » et comment elles se positionnent face aux transformations des professionnalisations du travail social. Au plan international, il y a un certain nombre de défis communs : la multiplication des référentiels, l’injonction de performance publique, la réduction de l’autonomie des professionnels, la mise à distance de la question de l’éthique, la « protocolisation » du travail social, la réduction des formes du travail ensemble, la place croissante des experts, etc. Comment les dispositifs de formation se saisissent-ils de ces questions en termes de pratiques de formation? Les professions du travail social ont connu de profondes mutations depuis leurs débuts historiques se situant pour la plus ancienne avec la figure de l’assistante sociale. Chaque pays connaît des configurations singulières en termes de professionnalisation aboutissant à la création, ou non, de diplômes spécifiques en intervention sociale. Au-delà des contextes nationaux, les processus de professionnalisation sont à analyser selon les dynamiques de coopération internationales, qu’elles soient induites par des cadres réglementaires ou par des accords de partenariat internationaux. Dans ce contexte en profonde mutation, nous voulons examiner et repenser la dynamique des processus de professionnalisation du travail social, qu’elles s’opèrent au plan institutionnel par le recours aux hautes écoles ou aux formations universitaires. Un regard critique sera porté sur l’apparition et la généralisation des référentiels de compétences, entre technicisation et perte d’autonomie des professionnels, le cadre prescriptif et l’activité réelle de l’intervention sociale. Comment se croisent la pensée réflexive entre praticiens du social et espaces de formation, les parcours de professionnalisation et la constitution des savoirs d'expérience?

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 7 mai 2012

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