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Pascale Lefrançois : Université de Montréal
Le système pédagogique intégré que nous conceptualisons avec l'aide de la MATI et que nous présenterons dans cette communication, à la fois description exhaustive des programmes, portfolio réflexif pour les étudiants et outil de suivi des compétences, se veut justement un moyen pour atteindre nos fins pédagogiques.
La Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal a entrepris une révision en profondeur de ses neuf baccalauréats pour y instaurer une approche-programme. L'implantation d'une telle approche est devenue nécessaire non seulement pour répondre aux exigences du Comité d'agrément, mais aussi pour corriger les lacunes des programmes identifiées par les étudiants. Plusieurs facteurs contribuent à faire de cette implantation un défi: l'obligation de développer dans tous les programmes les douze compétences que le MELS attend des enseignants; l'alternance de cours et de stages; les cours dispensés par trois départements de la Faculté et par d'autres unités de l'institution.
Quelques constats s'imposent: l'information sur les contenus des programmes doit être spécifiée et rendue disponible pour les enseignants et pour les étudiants; l'intégration des apprentissages voulue chez les étudiants doit être soutenue par une structure de programme qui la favorise et par un lieu où les étudiants peuvent en laisser des traces; la rétroaction sur le développement des compétences doit s'appuyer sur plusieurs observations, effectuées par une équipe d'enseignants.
Le colloque porte sur les systèmes pédagogiques intégrés ayant pour objectif de documenter les apprentissages réalisés par les étudiants dans des programmes de formation. Idéalement en forte relation avec les référentiels de compétences, ces systèmes exploitent de façon synergiques trois composantes présentes à divers degrés dans les établissements d’enseignement :
1. Les offres de formations et les syllabus décrivent les objectifs ou les compétences visées d’un cours, les ressources mobilisées, les activités d’apprentissage et d’évaluation réalisées; ils fournissent les contextes des apprentissages.
2. Les relevés de notes sont les passeports universels émis par les bureaux de registraire ou les scolarités et attestent des résultats globaux par cours.
3. Les portfolios étudiants contiennent les artefacts et les réflexions qui témoignent de la progression des apprentissages.
Les trois composantes évoluent actuellement en silos; les bulletins offrent peu d’information sur les apprentissages effectivement réalisés et ne sont en relation ni avec les référentiels, ni avec les portfolios; les syllabus de cours font rarement appel à un système organisé d’objectifs ou de compétences; les portfolios sont déconnectés des scénarios d’évaluation conduisant aux artefacts déposés. Idéalement, un système pédagogique devrait intégrer organiquement ces trois composantes (en relation avec le référentiel) de façon à favoriser une plus grande identification des apprentissages effectivement faits et une valorisation des compétences pour les étudiants, les gouvernements, les organismes d’agrément et les employeurs. Cette intégration souhaitable interpelle tous les acteurs - enseignants, directions pédagogiques, registraires et étudiants eux-mêmes - et demande réflexion, partage d’expériences et de travaux de recherche sur plusieurs questions importantes pour assurer la cohérence et la permanence de la construction des parcours d’apprentissage à travers la multiplicité des interventions.
Thème du colloque :