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Les interactions enseignants-parents à l'épreuve de la vulnérabilité sociale

JP

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Jean-Paul Payet : Université de Genève

Résumé de la communication

La scolarité est aujourd'hui un enjeu de classement social, particulièrement pour les familles qui n'ont pas les moyens de compenser une moindre réussite scolaire de leur(s) enfant(s) par un capital économique suffisant. Pourtant, l'accroissement du souci de l'enjeu scolaire chez les familles de milieu social défavorisé (en Europe, souvent des familles immigrées) ne s'accompagne pas d'une transformation de leur perception par les enseignants qui, dans leur grande majorité, disqualifient les compétences éducatives de ces parents. Parallèlement, le partenariat entre l'école et les familles est devenu le mot d'ordre consensuel de toute politique éducative, spécialement en direction des milieux défavorisés (et migrants). Comment une rencontre égale pourrait-elle procéder d'une représentation stigmatisante à l'endroit de ces parents ? La relation école-famille mérite alors d'être interrogée du point de vue du rôle qu'elle joue dans la production de l'égalité scolaire vs des inégalités scolaires. Plutôt que d'étudier les représentations réciproques entre école et familles défavorisées, comme l'a beaucoup fait la recherche en éducation, l'enjeu est désormais d'ouvrir la boîte noire des interactions ordinaires entre les enseignants et ces parents, rendus doublement vulnérables du fait de l'accroissement de leur précarité socio-économique et du fait des transformations managériales de l'école.

Résumé du colloque

Depuis quelques années, dans un contexte de diversification croissante de la clientèle scolaire sur les plans linguistique, « raciale », socio-économique et culturelle, l’importance de dépasser les constats généraux pour étudier les profils de risque et d’échec scolaire chez divers groupes-cibles, ainsi que les facteurs de variation les plus importants à cet égard, se fait de plus en plus sentir. Cet intérêt touche dans un premier temps la question des élèves issus de l’immigration. En effet, dans une société comme le Québec, qui situe l’établissement permanent des immigrants au cœur de son développement, il est essentiel d’évaluer le degré auquel l’éducation contribue à l’intégration des jeunes. Si l’insertion au marché du travail représente la priorité des immigrants adultes, le succès même du projet migratoire repose souvent, à plus long terme, sur la qualité de la relation que leurs enfants sont capables d’établir avec le système scolaire et surtout sur les bénéfices qu’ils en retirent. Par ailleurs, d’autres populations minoritaires, comme les Autochtones, connaissent également une situation problématique, de plus en plus documentée. Le présent colloque se veut donc une occasion de mise en commun de résultats de recherches quantitatives et qualitatives sur la réussite scolaire des élèves issus des groupes minoritaires. Dans un premier temps, nous nous intéressons à la situation des élèves issus de l’immigration à travers une double perspective comparative internationale (Flandre-Suisse) et nationale (Montréal-régions). Dans un second temps, nous nous penchons sur la réalité autochtone au Québec et dans d’autres sociétés (Espagne). L’objectif de la rencontre est en effet de maximiser les regards croisés sur une réalité complexe où les différences entre divers sous-groupes et les enjeux soulevés peuvent être différents, mais où davantage de dialogue s’impose.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 7 mai 2012

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