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Charel Schmit : Université du Luxembourg
L'histoire économique et sociale du Grand-Duché de Luxembourg est étroitement liée à celle de ses pays avoisinants. En ce qui concerne la professionnalisation de l'intervention sociale, trois phases majeures peuvent être distinguées. La première, d'inspiration francophone, trouve ses origines au début du XXe siècle dans le mouvement bourgeois des femmes. Cette phase voit la création en 1935 du «diplôme d'assistante sociale de l'État luxembourgeois» sans qu'une formation correspondante ne soit créée. La deuxième phase correspond à l'institutionnalisation de l'éducation sociale sur le modèle allemand. Elle a été impulsée dans les années 1970 par la création de services d'éducation différenciée et la désinstitutionalisation des centres d'accueil pour enfants et déboucha sur la création des formations d'éducateur et d'éducateur gradué.
La troisième phase coincide avec la création de l'Université du Luxembourg en 2003 et la mise en place d'un bachelor en sciences sociales et éducatives intégrant pédagogie sociale et travail social. Avec le développement parallèle de la recherche et le lancement d'un premier master, une nouvelle dynamique de professionnalisation et d'académisation de l'intervention sociale a été déclenchée. Le bachelor, en dépassant les anciennces distinctions entre assistant social et éducateur (gradué), donne actuellement lieu à un débat concernant une nouvelle et nécessaire réglementation-cadre pour toutes les professions de l'intervention sociale.
Dans une perspective comparative dans l'espace francophone, ce colloque entend analyser en quoi les pratiques de formation en travail social sont « impactées » et comment elles se positionnent face aux transformations des professionnalisations du travail social. Au plan international, il y a un certain nombre de défis communs : la multiplication des référentiels, l’injonction de performance publique, la réduction de l’autonomie des professionnels, la mise à distance de la question de l’éthique, la « protocolisation » du travail social, la réduction des formes du travail ensemble, la place croissante des experts, etc. Comment les dispositifs de formation se saisissent-ils de ces questions en termes de pratiques de formation? Les professions du travail social ont connu de profondes mutations depuis leurs débuts historiques se situant pour la plus ancienne avec la figure de l’assistante sociale. Chaque pays connaît des configurations singulières en termes de professionnalisation aboutissant à la création, ou non, de diplômes spécifiques en intervention sociale. Au-delà des contextes nationaux, les processus de professionnalisation sont à analyser selon les dynamiques de coopération internationales, qu’elles soient induites par des cadres réglementaires ou par des accords de partenariat internationaux. Dans ce contexte en profonde mutation, nous voulons examiner et repenser la dynamique des processus de professionnalisation du travail social, qu’elles s’opèrent au plan institutionnel par le recours aux hautes écoles ou aux formations universitaires. Un regard critique sera porté sur l’apparition et la généralisation des référentiels de compétences, entre technicisation et perte d’autonomie des professionnels, le cadre prescriptif et l’activité réelle de l’intervention sociale. Comment se croisent la pensée réflexive entre praticiens du social et espaces de formation, les parcours de professionnalisation et la constitution des savoirs d'expérience?
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