Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Olivier Klein : Centre d'Etudes de Populations, de Pauvreté et de Politiques Socio-Economiques - Luxembourg
La préadolescence est une période charnière où l'enfant, en pleine phase d'apprentissage, développe peu à peu son indépendance et des aptitudes à la mobilité. Néanmoins, tous les enfants ne sont pas sur un pied d'égalité dans cette phase d'apprentissage d'aptitudes motiles. Ainsi, les choix résidentiels des parents modulent la mobilité de l'enfant, tout comme leur espace de liberté. Identifier et expliquer ces disparités au sein de groupes d'enfants nécessite de mesurer cette mobilité au regard de facteurs comme les espaces d'actions, les ancrages spatiaux, les activités pratiquées ainsi que le degré d'autonomie. Suivre dans l'espace et le temps un groupe d'enfants est un problème méthodologique complexe qui nécessite des protocoles et des outils d'enquêtes robustes et adaptés. Les résultats exposés dans cette communication sont issus d'une enquête menée conjointement par questionnaire et par GPS auprès d'une cinquantaine d'enfants scolarisés à Luxembourg-Ville. Son principal objectif a été de relever différentes configurations de mobilité pour alimenter une réflexion sur l'autonomie des enfants et sur la portée des compétences qu'ils acquièrent pour participer à la vie urbaine.
Longtemps considérée comme le simple résultat des effets de friction de l’espace sur l’accessibilité des territoires, la mobilité est aujourd’hui davantage considérée comme un élément contribuant à la constitution du capital territorial, soit l’ensemble des ressources au sein d’un territoire qu’un individu peut mobiliser pour améliorer ses conditions de vie et de bien-être. Cette forme de capital varie en fonction du territoire de référence, des ressources disponibles au sein de celui-ci et des compétences individuelles. Avoir la maîtrise de sa mobilité constitue ainsi une source de pouvoir et contribue au développement et au maintien des identités individuelles et collectives. Or, l’étalement urbain, rendu possible par l’évolution des technologies de transport et plus visible avec le phénomène de métropolisation, crée des espaces de vie complexes et étendus, où les déplacements sont nombreux, où les échanges en face à face de plus en plus difficiles et où peuvent émerger divers conflits.
De plus en plus, les recherches sur la mobilité vont au-delà du couple mobilité-déplacement pour s’intéresser davantage au lien entre la mobilité et la qualité de vie, mettant en relief les différences et l’évolution des compétences de mobilité individuelles ainsi que des perceptions et des significations des déplacements et des territoires. Le droit à la mobilité est-il devenu le nouveau droit à la ville? Les potentiels de mobilité risquent-ils de créer et d’accentuer des inégalités spatiales, voire d’engendrer de nouvelles situations d’exclusion s’ajoutant à celles déjà bien connues? En s’intéressant au couple mobilité-interaction, le colloque traite de la mobilité à la fois comme source d’inclusion et d’exclusion et surtout comme génératrice et tributaire de pratiques spatiales émergentes. Il aborde la mobilité (et l’immobilité) en s’intéressant davantage aux échanges, aux possibilités d’interactions qu’elle permet… ou pas.
Titre du colloque :
Thème du colloque :