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Emmanuel Fernandes : Université de Lausanne
Outre son intérêt pédagogique intrinsèque, le e-Portfolio répond à des considérations d'ordre stratégique.Tant au niveau de la Confédération helvétique qu'à celui des institutions européennes, on observe un mouvement d'élaboration de cadres de références visant à formaliser et rendre visible, au-delà des connaissances disciplinaires, les compétences acquises à l'Université. Ces documents ont pour but de sensibiliser les étudiants à l'importance de prendre conscience de leurs aptitudes, de traduire ces compétences en termes compréhensibles hors du contexte universitaire et d'expliciter des attentes jusqu'ici non formulées. Pour la Suisse, cinq catégories de compétences ont été retenues par les conférences des Recteurs des Hautes Ecoles: Connaissances et compréhension, Application des connaissances et de la compréhension, Capacité de former des jugements, Savoir-faire en termes de communication et Capacités d'apprentissage en autonomie et d'innovation. Le e-Portfolio se révèle particulièrement intéressant pour la dernière catégorie. Au-delà du produit fini, il permet la mise en œuvre du processus d'autonomisation lui-même. Celui-ci se construit autour d'activités de planification, de synthèse des connaissances et des expériences, de réflexion, de partage et de discussion. Ce processus, extrêmement important tant pour la réussite des études universitaires que pour l'intégration professionnelle ultérieure, pourra ainsi être à la fois suscité, soutenu et rendu visible.
Le colloque porte sur les systèmes pédagogiques intégrés ayant pour objectif de documenter les apprentissages réalisés par les étudiants dans des programmes de formation. Idéalement en forte relation avec les référentiels de compétences, ces systèmes exploitent de façon synergiques trois composantes présentes à divers degrés dans les établissements d’enseignement :
1. Les offres de formations et les syllabus décrivent les objectifs ou les compétences visées d’un cours, les ressources mobilisées, les activités d’apprentissage et d’évaluation réalisées; ils fournissent les contextes des apprentissages.
2. Les relevés de notes sont les passeports universels émis par les bureaux de registraire ou les scolarités et attestent des résultats globaux par cours.
3. Les portfolios étudiants contiennent les artefacts et les réflexions qui témoignent de la progression des apprentissages.
Les trois composantes évoluent actuellement en silos; les bulletins offrent peu d’information sur les apprentissages effectivement réalisés et ne sont en relation ni avec les référentiels, ni avec les portfolios; les syllabus de cours font rarement appel à un système organisé d’objectifs ou de compétences; les portfolios sont déconnectés des scénarios d’évaluation conduisant aux artefacts déposés. Idéalement, un système pédagogique devrait intégrer organiquement ces trois composantes (en relation avec le référentiel) de façon à favoriser une plus grande identification des apprentissages effectivement faits et une valorisation des compétences pour les étudiants, les gouvernements, les organismes d’agrément et les employeurs. Cette intégration souhaitable interpelle tous les acteurs - enseignants, directions pédagogiques, registraires et étudiants eux-mêmes - et demande réflexion, partage d’expériences et de travaux de recherche sur plusieurs questions importantes pour assurer la cohérence et la permanence de la construction des parcours d’apprentissage à travers la multiplicité des interventions.