Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Pauline Wolff
Influencée par un travail doctoral en cours, notre communication aura pour but d'interroger les notions de choix et de maîtrise de la mobilité par les individus dans le cadre d'une réflexion sur les valeurs culturelles associées à la mobilité. S'il semble aujourd'hui admis que le capital de mobilité des individus varie en fonction des territoires, des ressources disponibles et des compétences individuelles, ces différents éléments sont encore souvent évalués selon des critères quantitatifs regroupant les potentiels physiques, sociaux, économiques et matériels de réalisation d'un besoin de mobilité. Au-delà d'un important volet social dans les réflexions sur la notion de capital, il reste rare que les chercheurs se penchent sur les aspects culturels des choix de mobilité. Une telle analyse permet pourtant d'éclairer la notion d'évaluation des choix sous un angle sociologique et anthropologique et non uniquement dépendant d'une appréciation matérielle des opportunités. Nous proposons donc de rappeler l'état de la recherche dans le domaine des systèmes culturels associés à la mobilité et d'en discuter à travers un modèle théorique axé sur les valeurs.
Longtemps considérée comme le simple résultat des effets de friction de l’espace sur l’accessibilité des territoires, la mobilité est aujourd’hui davantage considérée comme un élément contribuant à la constitution du capital territorial, soit l’ensemble des ressources au sein d’un territoire qu’un individu peut mobiliser pour améliorer ses conditions de vie et de bien-être. Cette forme de capital varie en fonction du territoire de référence, des ressources disponibles au sein de celui-ci et des compétences individuelles. Avoir la maîtrise de sa mobilité constitue ainsi une source de pouvoir et contribue au développement et au maintien des identités individuelles et collectives. Or, l’étalement urbain, rendu possible par l’évolution des technologies de transport et plus visible avec le phénomène de métropolisation, crée des espaces de vie complexes et étendus, où les déplacements sont nombreux, où les échanges en face à face de plus en plus difficiles et où peuvent émerger divers conflits.
De plus en plus, les recherches sur la mobilité vont au-delà du couple mobilité-déplacement pour s’intéresser davantage au lien entre la mobilité et la qualité de vie, mettant en relief les différences et l’évolution des compétences de mobilité individuelles ainsi que des perceptions et des significations des déplacements et des territoires. Le droit à la mobilité est-il devenu le nouveau droit à la ville? Les potentiels de mobilité risquent-ils de créer et d’accentuer des inégalités spatiales, voire d’engendrer de nouvelles situations d’exclusion s’ajoutant à celles déjà bien connues? En s’intéressant au couple mobilité-interaction, le colloque traite de la mobilité à la fois comme source d’inclusion et d’exclusion et surtout comme génératrice et tributaire de pratiques spatiales émergentes. Il aborde la mobilité (et l’immobilité) en s’intéressant davantage aux échanges, aux possibilités d’interactions qu’elle permet… ou pas.
Titre du colloque :
Thème du colloque :