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Une autre voie pour la Cycle Slut from Hell

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Marie-Hélène Charron-Cabana

Résumé de la communication

Josée Yvon entasse des corps de femmes dans son œuvre. Des corps abjects, à moitié morts, pourrissants, brûlants et parfois survivants. Au milieu des débris humains formant un amas d'abjection pouvant paraître immonde et fatal, quelques-unes de ces femmes se dressent, différentes. À partir d'un texte que j'ai écrit sur la figure de l'écrivaine trash, je vais continuer la réflexion sur la figure de la guerrière qui traverse les pages de Josée Yvon et ouvre la possibilité de la construction d'une vie en dehors et au-delà de l'abject. Qu'elle soit kamikaze, maîtresse, révolutionnaire, sœur rock, chienne, commando, espionne, fille-missile ou ancienne otage ayant pris les armes, la guerrière, avec la violence qu'elle suppose, crée une voie qui permet d'entrer en guerre, d'abattre les cloisons, les limites et de mettre fin à l'absurdité, à la pauvreté, voire à la mort. Je vais aussi questionner ce qu'il advient de ces personnes considérées comme mortes avant de l'être, en quoi et comment elles sont des héroïnes et pour qui elles sont dangereuses. J'interrogerai enfin les idéaux qu'elles défendent et la question de la violence comme moyen de les affirmer, afin de dégager la pensée et le lieu que Josée Yvon leur redonne dans le langage et la littérature, qui est alors un endroit où vivre, se rappeler et se battre.

Résumé du colloque

Josée Yvon (1950-1994) est une des voix les plus singulières de la littérature québécoise. Interrompue de façon prématurée par son décès des suites du sida, son œuvre s’inscrit à la fois dans la contre-culture et le féminisme. À mi-chemin entre la poésie et le récit, et mettant en scène des personnages marginaux (lesbiennes, transexuels, danseuses), son écriture interroge les marges du genre sexuel et du genre littéraire, donnant la parole à des personnages féminins comme on en retrouve très peu dans la littérature américaine francophone.

Les enjeux qu’elle soulève, bien qu’ils s’inscrivent dans un contexte historique et politique précis, possèdent une actualité bien réelle. Les récentes théories sur le queer, le kitsch, l’américanité, l’hétérogénéité, le plurilinguisme, l’intermédialité et le performatif permettent de jeter un éclairage nouveau sur l’œuvre de Josée Yvon. Des titres comme Filles-commandos bandées, Travesties-kamikazes ou Maîtresses-Cherokees font figure de pionniers par rapport à ces questionnements qui habitent la critique et la création littéraires depuis quelques années.

Les livres de Josée Yvon placent le lecteur dans une position d’inconfort. Son écriture est inhospitalière, profondément dérangeante. Ce trouble, qu’on aurait tort de réduire à une simple volonté de provocation héritée du rock ou du mouvement hippie, constitue la charge à l’œuvre chez cette écrivaine que plusieurs apprécient sans oser l’avouer haut et fort. L’écriture cruelle de Josée Yvon est une des rares qui bousculent véritablement ceux et celles qui en font la lecture. Personne ne saurait être chez soi dans son œuvre. Nous y sommes, comme l’écrivait Jean Royer, dans « un monde qui meurt du poids de sa tendresse ». Ces fortes tensions, constitutives de l’écriture de Josée Yvon, en font une œuvre puissante, qu’il importe de considérer à sa juste valeur.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
news icon Thème du colloque :
Autour de Josée Yvon
section icon Date : 7 mai 2012

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Titre du colloque :

Autour de Josée Yvon

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