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Laurent Lepage
L'évolution du climat interpelle de nombreuses politiques publiques. En effet, les secteurs de la protection de l'environnement, de l'aménagement du terrritoire et de la sécurité publique ont été structurés bien avant que l'adaptation aux changements climatiques ne s'inscrive à l'agenda gouvernemental. Les institutions, politiques et programmes existants apparaissent d'abord comme des obstacles. Les impératifs des finances publiques et des réalités organisationnelles nous obligent à redessiner - plutôt qu'inventer - des politiques publiques qui répondent à la nouvelle contingence climatique.
Que ce soit dans le but d'élaborer les politiques générales d'adaptation ou de réduire la vulnérabilité de collectivités aux événements extrêmes, pour gérer la variation des débits dans le Saint-Laurent, ou renforcer la résilience des Premières nations, le gouvernement québécois est interpellé afin de relier certains objectifs nationaux d'adaptation aux problématiques locales d'ordre social et environnemental.
Le Plan d'action sur les changements climatiques 2013-2020 du Québec - actuellement en phase de consultation - s'annonce comme un nouveau mode d'action publique en ce contexte d'incertitude. Penser demain, agir de manière préventive, faire les ajustements nécessaires, s'annoncent être un formidable défi.
Avec la montée des préoccupations liées aux impacts du changement climatique (CC), la question de la vulnérabilité et de l’adaptation des sociétés s’est particulièrement affirmée ces dernières années. L’adaptation qui a fait l’objet d’un volume spécifique dans le dernier rapport IPCC 2007, interroge la capacité réflexive des sociétés à infléchir leur trajectoire pour affronter des conditions environnementales dont certaines sont présentées comme inéluctables (montée des eaux et vulnérabilité des littoraux, événements extrêmes, variation de la disponibilité des ressources en eau…).
La définition de l’adaptation renvoie cependant à des réalités différentes, qu’il s’agisse d’une adaptation proactive, spontanée ou planifiée (IPCC 2001) et selon qu’elle concerne des politiques publiques, des comportements individuels, des processus technologiques, des référents culturels ou encore les fondements des systèmes économiques. L'adaptation conduit à une redéfinition des modes de pensée qui sont à la base de nos conceptions des rôles de l'État, du marché, des collectivités locales, de l'individu, de l'entreprise privée, etc.
Ce colloque a pour but de regrouper dans le cadre d'un échange pluridisciplinaire des spécialistes qui s'intéressent à la question de l'adaptation. Ce champ scientifique en plein essor depuis une dizaine d'années, suscite de nombreux débats (notamment sur la critique du statut du concept d’adaptation) et tant les efforts de théorisation, que la confrontation de recherches empiriques sont une nécessité pour baliser le champ et pour penser le rapport de la connaissance à l’action.
Thème du colloque :