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Analyse comparative de la doctrine et des pratiques contemporaines de la voie soufie Burhaniya dans le monde arabe et en Occident

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Jason Sparkes : Université de Montréal

Résumé de la communication

Cette présentation aura pour objectif d'observer les éléments de continuité et de transformation de la voie spirituelle d'Ibrahim al-Desuqi (13e siècle) par les cheikhs de la Tariqa Burhaniya, depuis environ un siècle. Après un survol de la généalogie spirituelle de la Burhaniya – en particulier ses racines shadhilites – la majeure partie du travail sera consacrée à la façon dont cet héritage a été perpétué et adapté aux réalités modernes. Le berceau de la Burhaniya est le Soudan et l'Égypte, où elle a été fondée dans les années 1930. Par contre, depuis les années 1980, elle évolue également dans un contexte cosmopolite et international, dont le Canada. Elle compte parmi ses adhérents des gens de tous les continents, dont plusieurs jeunes. Le chef actuel de la confrérie incarne lui-même cette réalité cosmopolite et complexe. Il a deux citoyennetés : soudanaise et allemande. Il est le premier Cheikh dans sa lignée à se marier à une Occidentale. Il pratique la médecine, qu'il a étudiée en Allemagne, tout en voyageant énormément dans le cadre de ses fonctions spirituelles. En plus d'une présentation des doctrines et des pratiques spirituelles de la Burhaniya, une partie du travail traitera des prises de position de cheikhs de la confrérie quant aux enjeux contemporains comme le néocolonialisme, l'extrémisme religieux, la modernisation et les relations interculturels.

Résumé du colloque

Le progrès scientifique prédisait le déclin, voire l’extinction de la religion. Pourtant, elle est d’actualité. Nous envisageons dans le cadre de ce colloque d’explorer les mutations du religieux dues à la migration. D’un côté, des immigrants reçus s’installent aspirant à être acceptés dans leurs identités culturelles, y compris religieuses. De l’autre, des réfugiés, privés des droits de citoyens, cachés du débat public, bien que présents dans la société tentent de préserver leurs pratiques religieuses. En parallèle, une émigration intra-religieuse se développe pour fournir des cadres ecclésiaux, là où ils sont en pénurie.

Comment les croyants issus de toutes les traditions participent-ils à la production de nouvelles catégories identitaires ? Est-ce qu’ils adoptent, rejettent ou négocient la religion ? Sujets citoyens, ils vivent, pour les uns, une « acculturation », c’est-à-dire un changement dans les modèles originaux de pratiques du fait d’un « contact continu et direct » avec des cultures différentes, et pour les autres, une « inculturation », c’est-à-dire l’insertion de leur expérience religieuse dans l’enrichissement de la culture religieuse de la société d’accueil. Au-delà de leur perception par les populations locales, l’installation définitive de ces croyants met en lumière des zones de tension souvent attribuées à un conflit axiologique plutôt qu’à des politiques d’intégration. Or, cette perception d’une opposition de valeurs semble bien illusoire, car il s’agit d’un processus complexe de négociation entre les valeurs d’ici et d’ailleurs, une négociation qui commence avant tout avec une reconnaissance réciproque et une déconstruction des préjugés. Ce colloque permettra de mieux cerner les transformations religieuses dans la perspective d’expériences issues de parcours migratoires particuliers.

Axe 1 – Femmes et religions

Axe 2 – Communautés religieuses et pratiques

Axe 3 – Gestion du religieux

Axe 4 – Questions théoriques

Axe 5 – Diversité religieuse et État

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 8 mai 2012

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