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Art pour tous, art sans art ? Internet et pratiques photographiques d'amateurs

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Suzanne Paquet

Résumé de la communication

Dans l'Internet et ses réseaux sociaux, des manières inédites de s'approprier les lieux et les choses – paysages, architectures, objets en tous genres – apparaissent, résultant d'une abondante production d'images et de la facilité à les faire voir et circuler. C'est ainsi que la photographie, que l'on croyait vouée à une mort certaine avec l'arrivée de l'image numérique, devient au contraire l'objet par excellence de création de communautés autour d'enjeux esthétiques ou patrimoniaux : elle se pose véritablement comme cet art pour tous qu'Arago décrivait dès 1839. Des collectifs de plus en plus nombreux, par exemple des groupes Flickr, se rassemblent autour d'images photographiques. Ces groupes tendent ainsi à constituer des répertoires gigantesques et désordonnés, créant des collections souvent porteuses de mémoire ou d'identité, largement disponibles, consultées et discutées, au même titre que celles des institutions. Avec ces pratiques d'amateurs – ou un art que l'on pourrait qualifier de populaire car une qualité artistique des images est revendiquée – le brouillage entre art d'élite et « goût vulgaire » semble s'accentuer, en même temps que la circulation des images et la confusion quant aux principes régissant leur reproduction.

Résumé du colloque

Depuis plusieurs années, les nouvelles technologies diversifient l’accès aux arts et à la culture. Elles peuvent avoir un effet cumulatif sur l’offre culturelle et favoriser la consommation des groupes déjà fortement dotés en capital culturel. Elles peuvent aussi contribuer à la spécialisation des publics. À cela s’ajoute l’effet de la composition démographique des sociétés occidentales qui comptent désormais des groupes issus de différentes communautés ethnoculturelles et linguistiques. On assiste, en effet, à la multiplication des réseaux dans lesquels des communautés de goûts réunies autour de certains produits culturels valident leurs choix et légitiment leurs pratiques culturelles. Comment interpréter le rôle traditionnel des pairs dans la transmission des goûts pour la culture dans ce contexte ? Les nouvelles technologies génèrent-elles systématiquement de nouveaux publics ? Comment les processus de médiation culturelle s’en trouvent affectés ? Ces questions invitent également à repenser à la proximité de l’artiste et de son public, au poids des industries culturelles et de la création indépendante dans cette nouvelle donne, aux objectifs de démocratisation et de démocraties culturelles des administrations publiques, mais aussi aux liens entre des référents culturels transmis par ces nouvelles pratiques et leur impact sur l’identité collective dans un espace sociopolitique donné. Ce colloque propose donc d’examiner les transformations des pratiques culturelles liées aux technologies numériques et leurs conséquences sur les différents acteurs des arts et de la culture.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 8 mai 2012

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