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Erick-Noël Bouchard : Secrétariat du Conseil du trésor
Dans l'administration publique du Québec, la fonction d'évaluation de programme a connu depuis ses quarante ans d'existence un parcours, caractérisé par la décentralisation, qui la distingue des modèles typiques aux pays membres de l'OCDE. La conjugaison de deux facteurs a joué un rôle fondamental dans cette évolution : les périodes de contraintes budgétaires et le choix délibéré de l'Assemblée nationale de rendre les hauts fonctionnaires imputables de leur gestion administrative en commission parlementaire.
Cette nouvelle forme d'imputabilité, qui va au-delà du principe d'imputabilité ministérielle hérité du parlementarisme britannique, confère ainsi à l'évaluation le rôle d'outil pour aider les administrateurs publics à rendre des comptes aux élus.
Cette présentation se décline en deux volets : 1) Un bref rappel des événements qui ont marqué chaque décennie depuis 1970, sous l'angle du contexte budgétaire et des orientations gouvernementales en matière d'évaluation; 2) Un sommaire des lois, règlements et orientations gouvernementales qui encadrent à ce jour la gouvernance de la fonction d'évaluation de programme, notamment le rôle clef attribué aux sous-ministres et aux dirigeants d'organismes.
Dans une perspective de transfert de ses expertises et de ses résultats de recherches évaluatives, le Centre de recherche et d’expertise en évaluation (CREXE) de l’ENAP propose un colloque sur l’évaluation de programme et des politiques publiques (www.crexe.enap.ca).
Ce colloque s'intéresse à l’évolution de la pratique de l’évaluation au cours des quinze dernières années. Il examine aussi la complexité grandissante du contexte dans lequel l’évaluation des politiques gouvernementales se déploie (par exemple, les changements dans les modalités d’actions de l’État) et s’intéresse aux évolutions rendues incontournables dans la praxis de l’évaluation. Trois questions importantes sont abordées : 1) Est-ce que les efforts gouvernementaux visant l’institutionnalisation et la promotion de l’évaluation ont permis de renforcer la pratique de l’évaluation? 2) Quels sont les principaux enseignements (pratiques exemplaires, conditions de succès, difficultés, etc.) de la pratique évaluative dans les différents secteurs de l’intervention gouvernementale (santé et services sociaux, affaires autochtones, développements durable et économique, protection du consommateur, affaires municipales)? 3) Quels sont les défis à relever pour les prochaines années en matière d’évaluation des politiques publiques et d’utilisation des résultats de l’évaluation?
Les conférenciers, qui proviennent de la communauté des évaluateurs-praticiens, des secteurs gouvernementaux (provincial et fédéral), universitaires et privé, exploreront la nature et l’ampleur des défis auxquels sont confrontés les évaluateurs et les gestionnaires au Québec, au Canada et à l’international, relativement à la pratique de l’évaluation de programme. Ils offriront aussi des réponses inspirantes, transférables et adaptables aux exigences de la pratique évaluative dans divers secteurs d’intervention. Un intérêt particulier sera accordé aux praxis de l'évaluation par rapport à la conceptualisation herméneutique.