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Manuel Zacklad : Conservatoire national des arts et métiers
Dans cette communication nous souhaitons revenir à la source de l'engagement mutuel dans le contexte de la communication transformative. Nous proposerons une typologie des formes d'engagement et nous tenterons de rendre compte de leurs spécificités dans les processus de régulation de l'action collective. Nous distinguerons différents types d'engagement selon que les sujets sont en présence s'engagent à titre personnel (engagement personnel, en son nom propre) ou à titre formel (engagement formel, au nom d'un collectif que l'on représente). Enfin, bien que les transactions coopératives à l'œuvre dans la communication transformative impactent simultanément les connaissances et les relations nous introduirons une typologie des transactions selon que prédomine telle ou telle dimension de l'apprentissage : l'engagement en disponibilité dans ses deux facettes spatiale et temporelle : se libérer du temps, se rendre présent, l'engagement épistémique ou en rationalité (logique, pertinence, véracité, respect des points de vue…), l'engagement en relation (amitié, loyauté, obéissance, respect de la personne, etc.).
La communication des organisations, telle que développée à partir des théories des actes de langage ou de la pragmatique, est une production langagière voire discursive (Taylor et Van Every, 2000 ; Gramaccia, 2001) qui est rendue possible par l’engagement de ses interlocuteurs (Searle, 1972 ; Winograd, 1988).
Cet engagement est une des conditions de l’interaction et de la réalisation des effets perlocutoires qui permet à un acteur ou locuteur d’amener un interlocuteur à agir. Nous retrouvons cette notion dans ce que Mead (1934) appelle l’action conjointe. Pour lui, l’homme est un acteur capable de transformer sa relation au monde. Il y a deux formes d’interaction sociale : l’interaction non symbolique et symbolique. Dans l’action conjointe, l’interaction symbolique prévaut car les différents acteurs de l’interaction interprètent les gestes et actes de l’autre de façon symbolique. Elle implique l'interprétation des actions de l'autre et les indications sur la façon dont l’autre personne doit agir (Mead, 1934). Nous parlons donc d’action conjointe, ou d’engagement de la part de chacun des interlocuteurs pour comprendre et interpréter les actes d’autrui. L’action conjointe est une forme collective de l’action, où les participants adaptent leurs propres actes à ceux en cours et guident ainsi l’autre dans sa manière de (ré)agir (Mead,1934).
Ainsi, l’action peut être une adaptation à la nature de la relation entre acteurs. Mais la théorie des actes de langage ne nous informe pas sur la façon dont se développe et se maintient la relation. Cela nous semble pourtant essentiel pour comprendre la formation de l’effet perlocutoire. Car si la force illocutoire et la performativité sont des concepts qui ont été largement repris, les modalités de l’engagement qui en permettent la portée heuristique méritent encore d’être développées.
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