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Créateur et récepteur dans le musée, une relation influencée par le display

SM

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Susanna Muston : Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis

Résumé de la communication

Je prendrai en compte la réception de l'œuvre telle qu'elle s'avère au sein d'une exposition d'art. Si on considère, avec Eco, l'œuvre comme ouverte et disponible à la rencontre avec le spectateur, il faut néanmoins remarquer que notre rencontre avec l'œuvre d'art (arts visuels) ne se produit pas directement, comme il en est pour la lecture d'un livre. Cette rencontre advient plutôt dans un cadre : celui de l'exposition d'art. Ceci comporte la prise en compte d'un troisième acteur et d'un troisième moment au sein d'une analyse de la réception : le rapport entre créateur et récepteur est ici influencé par la disposition des œuvres (display), faite par un commissaire.
Elle constitue un élément fondamental pour comprendre comment le public les perçoit et les interprète. Comment concevoir cette disposition pour que la relation à l'œuvre reste toujours ouverte ? Comment penser le display sans produire une clôture de l'œuvre ou sans imposer au spectateur une interprétation à laquelle il devrait juste s'accorder ? Walter Benjamin affirmait qu'une présentation d'œuvres ne doit pas être conçue de façon illustrative mais doit plutôt appartenir à l'ordre de l'évocation, suscitant une réaction dans l'imagination. Concevoir le spectateur comme interlocuteur en mesure de donner son avis, comme expert en fonction de son imagination et son vécu permet que le display demeure ouvert. Par des exemples contemporains et un support philosophique j'explorerai cette conception de open display.

Résumé du colloque

L’œuvre d’art appelle à être reçue. Elle prend son sens dans cette complémentarité essentielle entre le créateur qui la met au jour et le récepteur qui la consomme, l’interprète, la fait résonner avec ses propres acquis et affects. Michel Tournier exprime cet apport du récepteur, en parlant du lecteur : « Un livre écrit, mais non lu, n'existe pas pleinement. Il ne possède qu’une demi-existence. [...] À peine un livre s’est-il abattu sur un lecteur qu’il [...] fleurit, s’épanouit, devient enfin ce qu’il est : un monde imaginaire foisonnant, où se mêlent […] les intentions de l’écrivain et les fantasmes du lecteur. » Ainsi, dans ce partage entre créateur et récepteur, une nouvelle œuvre se crée.

Ce constat nous amène à questionner le rapport du créateur à son récepteur. Livrant son œuvre au public, le créateur subit attentes, questionnements, découvertes. Où se place-t-il dans cet immense réseau ? Depuis les mains du consommateur pur à celles du critique, en passant par celles de l’analyste et du professionnel académique, l’œuvre prend et perd du sens, le créateur et son intention prennent et perdent de l’importance.

Cette table ronde veut encourager l’échange de réflexions sur la pratique artistique qui, à l’époque qui est la nôtre, subit moult transformations. L’œuvre existe en effet grâce à différents supports, en mode instantané ou permanent. Elle s’inscrit dans plusieurs contextes possibles. Et sa réception se voit accorder une place privilégiée, encouragée par un univers médiatique foisonnant. En réunissant créateurs, chercheurs ainsi que chercheurs-créateurs et étudiants aux cycles supérieurs dont les intérêts concernent plusieurs formes d’art, nous interrogerons la création et la réception des œuvres de manière large et selon des angles variés : le lien entre le créateur et les attentes, le rapport entre le lecteur-créateur et sa propre création, la relation entre le contexte et le texte, ou même la norme artistique, l’effet de censure, etc.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
Cassie Bérard
section icon Date : 8 mai 2012

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