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De la non-mixité « femmes » à la non-mixité « féministe » : un projet démocratique en question

SM

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Stéphanie Mayer : Chaire Claire-Bonenfant

Résumé de la communication

Plusieurs féministes émettent l'idée que l'autonomie politique acquise par les mouvements des femmes est entre autres due à la non-mixité. Ce mode d'organisation fondé sur le « Nous femmes », lieu de ralliement pensé sur la base de l'expérience spécifique des femmes, a constitué une force politique offrant un point d'entrée dans la sphère publique, mais orientant également leurs champs d'intervention. Il est possible d'émettre l'hypothèse que les féministes par leur lieu de ralliement, par leur mode d'intervention politique ainsi que par les enjeux retenus auraient reconduit en partie la binarité genrée des terrains politiques, soit le privé/féminin et le public/masculin. Cette hypothèse contient deux idées dont l'une est l'effet de l'autre : d'une part, le repli stratégique nécessaire dans les espaces non-mixtes entre « femmes » et, d'autre part, la prise en charge par les femmes des « affaires de femmes » occultées ou secondarisées dans les espaces politiques mixtes. Si le mode d'organisation en lui-même n'est pas remis en doute, est-ce le lieu de ralliement qu'il importe de questionner afin que les féministes arrivent à poser leurs perspectives comme un projet de société valable pour « tout le monde » : un projet démocratique? L'objectif est que des leçons soient tirées afin de penser d'autres points d'entrée dans les espaces politiques mixtes pour les féministes. L'une des pistes à explorer peut être le déplacement d'un vers un « Nous féministes ».

Résumé du colloque

Les mouvements sociaux ont été et demeurent à l’avant-garde du progrès social. On ne compte plus les manifestations organisées contre les inégalités, les injustices et l’absence de démocratie. Ces manifestations donnent lieu à des mouvements parfois puissants et durables. Plusieurs d’entre eux remettent en cause des rapports de domination, que l’on pense au mouvement des femmes, à la mobilisation LGBT, aux actions antiracistes. D’autres s’articulent à des luttes sociales comme le mouvement ouvrier et syndical, les mouvements étudiants, l’altermondialisation. Actives dans tous ces mouvements, des féministes tentent d’articuler et de décliner toutes les formes d’émancipation.

Il nous semble intéressant de repérer certaines convergences mais aussi les dissonances entre les féminismes et les autres luttes et mouvements sociaux. Le féminisme a-t-il laissé ses marques dans les autres formes de résistances? Le rapport entre le personnel et le politique constitue-t-il un point de convergence avec les luttes des femmes, permettant, par exemple, une personnalisation de l’implication ou une identification avec la cause? Qu’en est-il de la non-différenciation entre la fin et les moyens? De la critique de l’autorité et du pouvoir?

On a historiquement reproché aux groupes de gauche de reproduire la hiérarchie des sexes et des genres et de négliger les préoccupations féministes. Certaines études laissent à penser que cette hiérarchie des luttes existe aussi dans des luttes actuelles (altermondialiste, étudiante) ou du moins elles montrent la difficile prise en charge des analyses féministes par des mouvements et luttes mixtes. À l’occasion de ce colloque, nous aimerions mettre en lumière des éléments d’intégration et de non-intégration.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
Rachel Chagnon
section icon Date : 8 mai 2012

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