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Des aides à la mobilité pour favoriser l'accès à la mobilité : vers des politiques de mobilité à plusieurs vitesses?

CF

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Cécile Féré

Résumé de la communication

A travers cette communication, nous proposons de donner à voir les tensions à l'œuvre dans les politiques de mobilité durable en nous intéressant à des dispositifs d'action concrets à partir du cas de l'agglomération lyonnaise et d'autres villes françaises. Nous analyserons en particulier les aides individuelles à la mobilité développées dans le cadre des politiques d'insertion par l'emploi depuis le milieu des années 1990, en nous intéressant à leurs objectifs et à leurs conditions de mise en œuvre. Ces dispositifs seront mis en perspective avec de récentes mesures incitatives visant à favoriser des pratiques « altermobiles » dans les espaces urbains, comme des aides à l'acquisition de vélo à assistance électrique. Nous montrerons que les inégalités face à la mobilité souffrent encore d'invisibilité et peinent à être reconnues dans les politiques urbaines, de la même façon que le lien entre inégalités de mobilité et inclusion sociale reste encore à éclairer dans les travaux scientifiques. A l'inverse, les expérimentations pour développer de nouveaux services à la mobilité durables fleurissent dans de nombreuses villes françaises et tendent à devenir le nouveau nec plus ultra en matière de mobilité urbaine.

Résumé du colloque

Longtemps considérée comme le simple résultat des effets de friction de l’espace sur l’accessibilité des territoires, la mobilité est aujourd’hui davantage considérée comme un élément contribuant à la constitution du capital territorial, soit l’ensemble des ressources au sein d’un territoire qu’un individu peut mobiliser pour améliorer ses conditions de vie et de bien-être. Cette forme de capital varie en fonction du territoire de référence, des ressources disponibles au sein de celui-ci et des compétences individuelles. Avoir la maîtrise de sa mobilité constitue ainsi une source de pouvoir et contribue au développement et au maintien des identités individuelles et collectives. Or, l’étalement urbain, rendu possible par l’évolution des technologies de transport et plus visible avec le phénomène de métropolisation, crée des espaces de vie complexes et étendus, où les déplacements sont nombreux, où les échanges en face à face de plus en plus difficiles et où peuvent émerger divers conflits.

De plus en plus, les recherches sur la mobilité vont au-delà du couple mobilité-déplacement pour s’intéresser davantage au lien entre la mobilité et la qualité de vie, mettant en relief les différences et l’évolution des compétences de mobilité individuelles ainsi que des perceptions et des significations des déplacements et des territoires. Le droit à la mobilité est-il devenu le nouveau droit à la ville? Les potentiels de mobilité risquent-ils de créer et d’accentuer des inégalités spatiales, voire d’engendrer de nouvelles situations d’exclusion s’ajoutant à celles déjà bien connues? En s’intéressant au couple mobilité-interaction, le colloque traite de la mobilité à la fois comme source d’inclusion et d’exclusion et surtout comme génératrice et tributaire de pratiques spatiales émergentes. Il aborde la mobilité (et l’immobilité) en s’intéressant davantage aux échanges, aux possibilités d’interactions qu’elle permet… ou pas.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 8 mai 2012

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