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Raphaël Mathieu Legault Laberge
Je propose, dans le cadre de cette communication, d'adopter un point de vue socio-historique et anthropologique afin d'analyser théoriquement les mutations qui sont venues transformer, d'hier à aujourd'hui, le religieux des groupes mennonites en général, et plus particulièrement celui de la sous-dénomination mennonite Holdeman, qui étend actuellement ses ramifications jusqu'en Estrie. Comment le religieux s'est-il transformé suite aux multiples migrations des groupes mennonites et peut-on associer cette transformation à une acculturation ou à une inculturation? En fait, l'acculturation et l'inculturation se révèlent ici comme deux options non exclusives plutôt que comme des voies déterminées et irréversibles. Les identités religieuses mennonites qui émergent, selon une dynamique de schisme, se voient alors influencées et imbriquées aux données socioculturelles plus larges qui déterminent, jusqu'à un certain point, la mutation du religieux pour ces groupements. Ainsi, ces derniers conservent, d'une part, certaines croyances et pratiques selon une tradition teintée de rigidité alors que, d'autre part, certaines de leurs croyances et pratiques se transforment subrepticement sous l'influence des cultures ambiantes. Comme nous pourrons le constater, certaines situations permettent à la médiation, à la négociation et au compromis d'émerger pour certaines branches mennonites, alors que d'autres occasions poussent à la fermeture des groupes, voire à leur exil ou au schisme.
Le progrès scientifique prédisait le déclin, voire l’extinction de la religion. Pourtant, elle est d’actualité. Nous envisageons dans le cadre de ce colloque d’explorer les mutations du religieux dues à la migration. D’un côté, des immigrants reçus s’installent aspirant à être acceptés dans leurs identités culturelles, y compris religieuses. De l’autre, des réfugiés, privés des droits de citoyens, cachés du débat public, bien que présents dans la société tentent de préserver leurs pratiques religieuses. En parallèle, une émigration intra-religieuse se développe pour fournir des cadres ecclésiaux, là où ils sont en pénurie.
Comment les croyants issus de toutes les traditions participent-ils à la production de nouvelles catégories identitaires ? Est-ce qu’ils adoptent, rejettent ou négocient la religion ? Sujets citoyens, ils vivent, pour les uns, une « acculturation », c’est-à-dire un changement dans les modèles originaux de pratiques du fait d’un « contact continu et direct » avec des cultures différentes, et pour les autres, une « inculturation », c’est-à-dire l’insertion de leur expérience religieuse dans l’enrichissement de la culture religieuse de la société d’accueil. Au-delà de leur perception par les populations locales, l’installation définitive de ces croyants met en lumière des zones de tension souvent attribuées à un conflit axiologique plutôt qu’à des politiques d’intégration. Or, cette perception d’une opposition de valeurs semble bien illusoire, car il s’agit d’un processus complexe de négociation entre les valeurs d’ici et d’ailleurs, une négociation qui commence avant tout avec une reconnaissance réciproque et une déconstruction des préjugés. Ce colloque permettra de mieux cerner les transformations religieuses dans la perspective d’expériences issues de parcours migratoires particuliers.
Axe 1 – Femmes et religions
Axe 2 – Communautés religieuses et pratiques
Axe 3 – Gestion du religieux
Axe 4 – Questions théoriques
Axe 5 – Diversité religieuse et État
Thème du colloque :