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Droit à la mobilité et mise en place d'une « zone à basse émission » : contradiction des enjeux environnementaux et sociaux

JG

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Julie Gobert : Université Paris-Et Créteil Val-de-Marne

Résumé de la communication

Différents travaux menés dans différents pays (Fol, 2009) montrent que le droit à la mobilité participe du droit à la ville en ce sens que pouvoir et savoir se déplacer constituent des éléments du capital social des individus. L'éventuelle instauration en 2012 d'un nouvel instrument d'action publique (les zones d'actions prioritaires pour l'air – ZAPA, formes de Low Emission Zones) reflète le changement de postulat dans les politiques publiques de transports entre les années 80 et aujourd'hui : la notion de « droit à la mobilité » (lutte contre l'enclavement) se dissout peu à peu au profit d'objectifs plus complexes de développement durable (maîtrise et limitation des flux motorisés, diminution de la pollution) (Wenglenski, 2006). Dans le cas de territoires marqués par la pauvreté d'une part importante de leur population, les exigences environnementales de plus en plus fortes n'ont-elles pas pour effet pervers de limiter fortement la mobilité des plus défavorisés et de renforcer les trappes d'immobilité (Orfeuil, 2004) ? Au regard d'une enquête de terrain menée sur une intercommunalité de Seine Saint Denis, il apparait nécessaire de nuancer cette hypothèse.

Résumé du colloque

Longtemps considérée comme le simple résultat des effets de friction de l’espace sur l’accessibilité des territoires, la mobilité est aujourd’hui davantage considérée comme un élément contribuant à la constitution du capital territorial, soit l’ensemble des ressources au sein d’un territoire qu’un individu peut mobiliser pour améliorer ses conditions de vie et de bien-être. Cette forme de capital varie en fonction du territoire de référence, des ressources disponibles au sein de celui-ci et des compétences individuelles. Avoir la maîtrise de sa mobilité constitue ainsi une source de pouvoir et contribue au développement et au maintien des identités individuelles et collectives. Or, l’étalement urbain, rendu possible par l’évolution des technologies de transport et plus visible avec le phénomène de métropolisation, crée des espaces de vie complexes et étendus, où les déplacements sont nombreux, où les échanges en face à face de plus en plus difficiles et où peuvent émerger divers conflits.

De plus en plus, les recherches sur la mobilité vont au-delà du couple mobilité-déplacement pour s’intéresser davantage au lien entre la mobilité et la qualité de vie, mettant en relief les différences et l’évolution des compétences de mobilité individuelles ainsi que des perceptions et des significations des déplacements et des territoires. Le droit à la mobilité est-il devenu le nouveau droit à la ville? Les potentiels de mobilité risquent-ils de créer et d’accentuer des inégalités spatiales, voire d’engendrer de nouvelles situations d’exclusion s’ajoutant à celles déjà bien connues? En s’intéressant au couple mobilité-interaction, le colloque traite de la mobilité à la fois comme source d’inclusion et d’exclusion et surtout comme génératrice et tributaire de pratiques spatiales émergentes. Il aborde la mobilité (et l’immobilité) en s’intéressant davantage aux échanges, aux possibilités d’interactions qu’elle permet… ou pas.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 8 mai 2012

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