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Équilibres discursifs et engagement organisationnel

BC

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Benoit Cordelier : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Dans le cadre d'un projet de recherche dans une organisation de santé qui reorganise ses processus sur le mode projet, nous étudions les discours des acteurs organisationnels autour de la mise en place d'un dossier patient informatisé. Nous avons recueillis leurs appreciations à la suite d'une première phase de cette implantation à travers des entretiens semi-dirigés. Malgré les propos essentiellement critiques qui y sont produits et qui pourraient être un symptôme d'une opposition forte à ce changement organisationnel, les acteurs de l'organisation passent outre leurs resistances et leurs divergences discursives pour s'aligner dans le processus organisationnel. Cette communication sera l'occasion de s'interroger sur la performativité des discours au regard de la force de l'engagement des acteurs en fonction de leur différentes identités organisationnelles.

Résumé du colloque

La communication des organisations, telle que développée à partir des théories des actes de langage ou de la pragmatique, est une production langagière voire discursive (Taylor et Van Every, 2000 ; Gramaccia, 2001) qui est rendue possible par l’engagement de ses interlocuteurs (Searle, 1972 ; Winograd, 1988).

Cet engagement est une des conditions de l’interaction et de la réalisation des effets perlocutoires qui permet à un acteur ou locuteur d’amener un interlocuteur à agir. Nous retrouvons cette notion dans ce que Mead (1934) appelle l’action conjointe. Pour lui, l’homme est un acteur capable de transformer sa relation au monde. Il y a deux formes d’interaction sociale : l’interaction non symbolique et symbolique. Dans l’action conjointe, l’interaction symbolique prévaut car les différents acteurs de l’interaction interprètent les gestes et actes de l’autre de façon symbolique. Elle implique l'interprétation des actions de l'autre et les indications sur la façon dont l’autre personne doit agir (Mead, 1934). Nous parlons donc d’action conjointe, ou d’engagement de la part de chacun des interlocuteurs pour comprendre et interpréter les actes d’autrui. L’action conjointe est une forme collective de l’action, où les participants adaptent leurs propres actes à ceux en cours et guident ainsi l’autre dans sa manière de (ré)agir (Mead,1934).

Ainsi, l’action peut être une adaptation à la nature de la relation entre acteurs. Mais la théorie des actes de langage ne nous informe pas sur la façon dont se développe et se maintient la relation. Cela nous semble pourtant essentiel pour comprendre la formation de l’effet perlocutoire. Car si la force illocutoire et la performativité sont des concepts qui ont été largement repris, les modalités de l’engagement qui en permettent la portée heuristique méritent encore d’être développées.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 8 mai 2012

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