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Claire Garnier : Université de Montréal
Constituant un maillage du territoire français d'Ancien Régime, les Hôtel-Dieu et Hôpitaux Généraux sont des institutions où se côtoient pratiques de santé et vocation religieuse. S'ils sont des lieux d'application et de développement des connaissances médicales, ces structures sont fondées dans un but religieux, avec des administrateurs membres du clergé ou laïcs dévots, et pris en charge par des congrégations de religieuses.
Cette communication propose d'étudier cette double vocation institutionnelle par l'analyse des règlements d'établissements parisiens et auvergnats et des notions de contagion et de souillure qui y sont relevées. Ces notions, telles que développées en anthropologie (Douglas, 1966), s'appliquent avec intérêt à ce contexte historique. Ainsi, si les sources choisies dévoilent diverses techniques prophylactiques, elles témoignent aussi d'un souci de contagion morale. Les modalités de cohabitation de ces deux définitions de la contagion et de leur application aux malades, ainsi qu'aux soignant(e)s, seront au cœur de ma communication. Il y sera aussi question de déterminer si, au regard de la dimension religieuse de ces instituts, l'on peut parler de martyr de la contagion, et si celui-ci st compatible avec la pratique de soin.
Les recherches historiques concernant la santé et la maladie ont considérablement évolué depuis quelques décennies. À la suite de travaux de référence des années 1980-1990, les historiens ont exhumé de nombreux objets de recherche jusque-là inexploités. Si bien qu’aujourd’hui on constate une pluralité de thèmes organisant l’histoire des pratiques de santé autour de l’hygiène, des addictions, de la vie saine et malsaine, des maux du corps, des pratiques profanes ou des différents troubles de santé. La diversité des préoccupations et des objets touchant à la santé et à la médecine a engendré le développement d’une recherche historique aussi dynamique que multiple qu’il convient de circonscrire pour mieux l’analyser.
La transformation et la diversification des préoccupations et objets de recherches a fait évolué la discipline historique par la mobilisation de nouveaux corpus et méthodes. L’objet de ce colloque sera de présenter et de confronter les différents matériaux et méthodologies en jeu, afin de cerner, par leur analyse croisée, l’impact de l’histoire des pratiques de santé sur la science historienne, son développement social et ses modifications épistémologiques.
Pour ce faire, ce colloque sollicitera les nouveaux travaux qui émergent dans ce domaine et qui mettent à jour de nouvelles thématiques, des cadres et approches inédits. Il visera ainsi à ressembler et à confronter les savoir-faire historiens qui se déploient aujourd’hui dans le monde francophone et dont l’échange ne peut qu’enrichir un domaine de recherche en pleine expansion.
Nous engagerons cette réflexion à partir de deux séances plénières, la première consacrée à l’histoire des pratiques de santé en France et présentée par Didier Nourrisson et la seconde consacrée à l’histoire des pratiques de santé au Québec et présentée par François Guérard.