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Inadéquation entre la politique migratoire québécoise et la réalité des travailleurs qualifiés

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Nathalie Blais : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Le Québec a fait le choix d'avoir une politique migratoire qui favorise la venue d'immigrants qualifiés, c'est-à-dire des candidats diplômés qui ont de l'expérience de travail. Ces candidats sont censés répondre aux besoins de notre économie. Plusieurs d'entre eux se buteront cependant aux obstacles de reconnaissance de leurs acquis par les différents ordres professionnels.

Cette incapacité d'une large proportion des personnes sélectionnées à trouver de l'emploi dans leur domaine d'expertise remet en question l'orientation choisie par les politiques gouvernementales de miser sur des candidats qualifiés et vient questionner la pertinence du processus de sélection. Plusieurs travailleurs qualifiés occupent des emplois pour lesquelles ils n'auraient jamais été sélectionnés car ils ne correspondent pas à leur niveau d'études. Il serait souhaitable pour l'économie québécoise et pour les travailleurs qualifiés qu'ils puissent exercer leur profession, tout en ne diminuant pas les standards de pratique professionnelle. Cela nécessiterait un assouplissement des règles de reconnaissance des acquis ou des mesures d'insertion professionnelle, qui viendraient remplacer les exigences de mise à niveau actuelles. La présentation proposera des pistes de réflexion, dans une perspective juridique, qui permettraient l'atteinte de cet objectif gagnant-gagnant.

Résumé du colloque

De tout temps des facteurs de répulsion, tels que les difficultés politiques, économiques et la pression démographique ont incité des individus à quitter leur pays. Plus récemment, la multiplication des moyens de communication et les réseaux qui se sont tissés entre les diasporas et les citoyens demeurés au pays d’origine contribuent à la diffusion de facteurs d’attraction qui stimulent l’immigration, comme l’attrait de la société de consommation, un régime politique plus démocratique, des salaires plus compétitifs et un filet de protections sociales plus étendu. La multiplication des accords de commerce, la mondialisation des échanges de toutes natures et l’avènement de la communauté européenne sont des exemples de phénomènes ayant fortement contribué à la remise en question du rôle traditionnel des États et des frontières. C’est dans ce contexte d’intégration économique qu’il est possible de mieux comprendre, du moins en partie, les mouvements migratoires volontaires.

Plusieurs États occidentaux veulent maintenir leur productivité et ralentir le vieillissement de leur population. Il y a une réelle compétition pour se doter de ressources humaines qui favoriseront l’essor d’une économie du savoir. Alors que le Canada et le Québec ont fait le choix d’avoir des politiques migratoires qui favorisent la venue de travailleurs migrants, il semble exister un clivage entre les idéaux et la réalité socioéconomique de ces derniers, notamment lorsqu'il est question d'accès au marché du travail. Des statistiques démontrent que les immigrants affichent un taux de chômage plus élevé que les Canadiens nés au pays. Une fois le processus complété, plusieurs migrants se butent aux obstacles de reconnaissance de leurs acquis. Au Canada comme ailleurs, les travailleurs migrants, qu'ils soient qualifiés ou non, doivent faire face à de nombreux défis pour faire respecter leurs droits.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 8 mai 2012

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