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Lise Gremion : Haute école pédagogique BEJUNE
Au moment du passage de l'école enfantine à l'école primaire, le système scolaire n'offre pas des chances égales aux écoliers d'une même classe d'âge. L'analyse présentée fait partie d'une recherche doctorale de type compréhensif, selon le modèle interactionniste, qui porte sur les signalements scolaires produits dans les écoles enfantines et primaires d'une ville Suisse durant huit ans. Les éléments retenus, montrent comment, dès le début de la scolarité, et en fonction d'élément aussi arbitraires que la date d'obligation scolaire, les chances de réussite scolaire des élèves sont indexées aux ressources stratégiques inégales de leurs familles pour se prémunir face aux propositions d'ajournement scolaire. Les familles suisses de classes moyenne et favorisée anticipent la question en évitant ainsi à leurs enfants la stigmatisation du passage par des mesures spécialisées ou de redoublement, alors que les familles ouvrières et plus fortement encore si elles sont étrangères ou monoparentales, sont pénalisées par un système auquel elles font confiance mais qui, dès l'entrée à l'école primaire, oblitère l'avenir scolaire de leurs enfants. Une part importante des élèves est ainsi mise en risque d'échec scolaire non pas en fonction de limites de compétences, mais en fonction de leur origine sociale et culturelle.
Depuis quelques années, dans un contexte de diversification croissante de la clientèle scolaire sur les plans linguistique, « raciale », socio-économique et culturelle, l’importance de dépasser les constats généraux pour étudier les profils de risque et d’échec scolaire chez divers groupes-cibles, ainsi que les facteurs de variation les plus importants à cet égard, se fait de plus en plus sentir. Cet intérêt touche dans un premier temps la question des élèves issus de l’immigration. En effet, dans une société comme le Québec, qui situe l’établissement permanent des immigrants au cœur de son développement, il est essentiel d’évaluer le degré auquel l’éducation contribue à l’intégration des jeunes. Si l’insertion au marché du travail représente la priorité des immigrants adultes, le succès même du projet migratoire repose souvent, à plus long terme, sur la qualité de la relation que leurs enfants sont capables d’établir avec le système scolaire et surtout sur les bénéfices qu’ils en retirent. Par ailleurs, d’autres populations minoritaires, comme les Autochtones, connaissent également une situation problématique, de plus en plus documentée. Le présent colloque se veut donc une occasion de mise en commun de résultats de recherches quantitatives et qualitatives sur la réussite scolaire des élèves issus des groupes minoritaires. Dans un premier temps, nous nous intéressons à la situation des élèves issus de l’immigration à travers une double perspective comparative internationale (Flandre-Suisse) et nationale (Montréal-régions). Dans un second temps, nous nous penchons sur la réalité autochtone au Québec et dans d’autres sociétés (Espagne). L’objectif de la rencontre est en effet de maximiser les regards croisés sur une réalité complexe où les différences entre divers sous-groupes et les enjeux soulevés peuvent être différents, mais où davantage de dialogue s’impose.
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