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Samia Mihoub
Nous examinons l'investissement des réseaux sociaux par les collectifs cyberactivistes tunisiens pendant la révolution et étudions la réappropriation de l'espace public dans la Tunisie postrévolutionnaire. La réflexion sur le cyberactivisme durant la révolution tunisienne questionne l'engagement des citoyens à travers l'action collective. Nous étudions donc les outils et les procédures d'action engagés par ces collectifs pendant et après la révolution. En effet, et si les cyberactivistes ont pris part à la révolution, leurs actions se sont accrues au lendemain de la chute de la dictature de Ben Ali. Nous assistons depuis lors à une réappropriation du Web ainsi qu'à une reconstruction de l'espace public qui met en œuvre de nouvelles stratégies et modalités d'engagement. Cependant, l'apprentissage du débat public démocratique s'effectue dans un contexte porteur de conflits, de tensions et de divergences multiples.
La participation à la définition des valeurs collectives et à la construction du changement social constitue un enjeu de taille pour la démocratie, la solidarité, la justice et l’inclusion dans les sociétés contemporaines. Qu’il s’agisse de promouvoir la confiance envers l’institution démocratique et l’État ou de favoriser la cohésion entre les membres d’une même communauté, l’injonction morale et politique à participer aux enjeux collectifs est forte et suit de multiples voies : commissions d’enquête publiques, référendums locaux, budgets populaires, conseils de quartiers ou d‘arrondissements, etc.
Et pourtant, plus rien ne semble en mesure de contenir la tendance à l’abstention lors des grands rendez-vous électoraux, ni l’abandon de la gestion des affaires publiques aux seuls élus. De même, certaines formes d’engagement plus quotidiennes, entraide, bénévolat, militantisme, trouvent de moins en moins d’adeptes parmi la population. Comment expliquer le hiatus qui apparaît ainsi de plus en plus clairement entre l’idéal de démocratie et les volontés individuelles? Comment et pourquoi participe-t-on à la vie de nos collectivités? Comment les gens perçoivent-ils leur engagement et leur contribution à la qualité de la vie sociale? Quelles sortes de leviers les milieux de vie peuvent-ils offrir pour soutenir l’engagement social et politique?
Les deux journées s’articuleront autour de trois thèmes principaux : (1) voies et logiques de l’engagement démocratique; (2) engagements diversifiés et démocratie; (3) pratiques et éthique de la participation démocratique.
Thème du colloque :