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Joe Jack et John : la parole atypique

CB

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Catherine Bourgeois : Joe Jack et John

Résumé de la communication

Fondatrice de la compagnie de performance théâtrale Joe Jack et John, la metteure en scène Catherine Bourgeois s'intéresse depuis 2003 à la parole et au point de vue d'acteurs atypiques. Intégrant à même ses productions des acteurs ayant une déficience intellectuelle, la compagnie crée collectivement des oeuvres explorant une poésie de l'insolite, incorporant des questions actuelles et d'ordre social (solitude, mort, deuil, apparences sociales, américanité) et ayant comme objectif de générer une certaine réflexion sociale. Dans le cadre du Colloque de l'ACFAS, accompagnée de l'actrice porteuse de la Trisomie 21 Geneviève Morin-Dupont, Catherine mettra en relief sa recherche avouée d'un effet d'étrangeté (parce qu'étranger ou étrange), en introduisant la méthodologie de travail et le type de processus de création employés par la compagnie et en présentant un exemple réel de l'évolution d'un texte : de l'improvisation initiale d'un acteur en salle de répétition, à la production publique du texte. Geneviève, pour sa part, élaborera sur son travail, ses inspirations, ses vues sur la création et l'interprétation d'une scène, puis interprétera un extrait de texte écrit à partir de sa parole et de sa réalité personnelle.

Résumé du colloque

Dans Lire le délire, Juan Rigoli montre comment l’écriture et la folie ont très tôt été associées l’une à l’autre. D’une « lecture » des signes de la folie dans les comportements, les gestes et le langage de leurs patients, les aliénistes du 19e siècle en viennent rapidement à s’intéresser à leurs écrits, considérés comme de véritables outils diagnostiques. Dans ce passage du corps au texte, de la personne à son expression dans et par l’écrit, se dessine un lien ténu entre la psychiatrie naissante et la littérature, mais aussi entre le fou et l’écrivain : ce rapport alimentera tout autant (mais différemment) les romantiques que les surréalistes, trouvera écho dans les théories freudiennes et consécration dans l’Art brut de Dubuffet. Est ainsi interrogée la limite entre raison et déraison, de même que les (més)usages du langage – du témoignage au ludisme langagier et à la re-création verbale. Au-delà de la folie (entendue comme maladie mentale), il existe de nombreux textes littéraires qui présentent également un rapport singulier à la norme et au langage; leurs auteurs ne sont pas fous, mais une certaine « folie », une excentricité marque leurs écrits, que l’on peut qualifier d’« irréguliers ». Ce colloque se penche d’abord sur la relation entre folie et écriture, mais il se propose aussi d’explorer sous divers angles le rapport de l’expérience des marges à la littérature. La problématique s’élargit donc pour s’étendre des écritures subversives (surtout des fous) à ces écrits irréguliers. Bien que son orientation soit littéraire, le colloque interpelle d’autres disciplines (sémiotique, psychiatrie, histoire, sociologie); de même, le terme « écritures » pourra être entendu dans son sens le plus large.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
Annie Monette
section icon Date : 8 mai 2012

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