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Gaby Hsab : UQAM - Université du Québec à Montréal
Depuis Simmel, le conflit est interprété tel un rempart au développement des groupes et des communautés. La violence qui y est souvent associée est elle-même moteur de changement et d'évolution, une forme de discours qu'on peut difficilement opposer au dialogue. Tout dialogue porte en lui une forme quelconque de violence, réelle ou symbolique, et celle-ci porte une forme quelconque de dialogue, d'un espace où le discours et l'argumentation par le logos est envisageable. Seuls les cas extrêmes d'annihilation de l'autre peuvent être exclus de cette dialectique. Les conflits contemporains abondent d'exemples qui vont dans le sens de cette thèse « communicationnelle » de ces deux termes à première vue antinomiques.
Cette thèse ne résout pas le problème de la fin de la violence. Comment assurer un dialogue non violent au sein et parmi les groupes en conflit, si leur passé est ponctué de cette violence ? La voie que nous préconisons passe par le pathos et l'éthos. Le pathos investit deux « affects » opposés pour aller dans la même direction. L'investissement de l'ethos y est plus complexe, car il touche à des valeurs, à des traditions ancrées dans l'histoire. C'est là où la « conscience historique » devient en même temps levier de dialogue et passe par la pratique d'une éthique en constante redéfinition. Nous proposons d'explorer la possibilité d'une telle éthique en puisant de quelques cas typiques de dialogue et de violence, notamment celui du conflit israélo-palestinien.
Depuis sa première édition, le colloque international Discours, représentations et argumentation propose d’explorer la problématique entourant les rapports entre ces trois dimensions interreliées de la communication. Alors que cette problématique peut être étudiée sous des angles variés, les discours sont au cœur de toute communication. Que celle-ci soit axée sur un support linguistique ou sur d’autres formes (visuelles, sonores, tactiles, multimédias), la communication repose sur l’organisation des contenus cognitifs, affectifs et moraux des représentations. En matière d’argumentation, le logos a connu plusieurs usages tout au long de l’histoire, pouvant être interprété comme discours, mot, représentation, raison, logique, etc. Certaines interprétations s’ouvrent davantage vers les contenus de sorte que le débat philosophique et scientifique a, de plus en plus, traité de la représentation non seulement selon le point de vue des structures cognitives du logos, mais également des contenus affectifs – pathos – moraux – éthos – des communications.
Pour la deuxième édition du colloque, notre proposition mise sur la problématique contemporaine du dialogue et de la violence communiqués par des discours, par les rapports entre ses représentations et arguments. Nous aimerions confronter des approches différentes, voire opposées, et en discuter à la lumière de travaux de deux types de producteurs de savoirs dans le domaine thématique du colloque : celui de chercheurs établis et celui d’étudiants-chercheurs provenant d’universités francophones québécoises (UdM, UQÀM, ULaval et USherbrooke). Nous croyons que le débat autour des représentations sous-jacentes à ces diverses manifestations discursivo-argumentatives permettra de réfléchir sur les mécanismes cognitifs, affectifs et éthiques de la communication et, surtout, des conséquences sociopolitiques des contextes de dialogue et de violence.
Thème du colloque :