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La communication et les interactions du coaching contribuent-elles à renforcer l'engagement des managers-communicateurs dans les processus de changement organisationnels?

GG

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Geneviève Guilhaume : Université de Bordeaux

Résumé de la communication

Cette contribution portant sur le coaching, dispositif destiné aux managers-communicateurs pour accroître leur engagement et leurs performances dans la conduite des changements propose d'analyser les processus organisants émergeant des interactions à l'œuvre dans la relation entre coache et coaché. La construction de sens qui s'opère dans le coaching, à travers des processus cognitifs et des approches psychologiques de type thérapeutique incite les managers à mettre en œuvre des actions communicationnelles porteuses de changement en réduisant les équivoques de leurs rôles. Cependant, ce dispositif, lui-même paradoxal semble plutôt par ses caractéristiques contribuer à faire intérioriser les paradoxes vécus par les managers en partie masqués par une communication euphémisée. Le coaching ne peut donc être questionné seulement au niveau local de la situation d'interaction entre coache et coaché, mais renvoie à un modèle de management imposant des formes de domination et de soumission volontaire ici analysées. Les effets du coaching sur l'engagement et la performativité des managers sont donc controversés.

Résumé du colloque

La communication des organisations, telle que développée à partir des théories des actes de langage ou de la pragmatique, est une production langagière voire discursive (Taylor et Van Every, 2000 ; Gramaccia, 2001) qui est rendue possible par l’engagement de ses interlocuteurs (Searle, 1972 ; Winograd, 1988).

Cet engagement est une des conditions de l’interaction et de la réalisation des effets perlocutoires qui permet à un acteur ou locuteur d’amener un interlocuteur à agir. Nous retrouvons cette notion dans ce que Mead (1934) appelle l’action conjointe. Pour lui, l’homme est un acteur capable de transformer sa relation au monde. Il y a deux formes d’interaction sociale : l’interaction non symbolique et symbolique. Dans l’action conjointe, l’interaction symbolique prévaut car les différents acteurs de l’interaction interprètent les gestes et actes de l’autre de façon symbolique. Elle implique l'interprétation des actions de l'autre et les indications sur la façon dont l’autre personne doit agir (Mead, 1934). Nous parlons donc d’action conjointe, ou d’engagement de la part de chacun des interlocuteurs pour comprendre et interpréter les actes d’autrui. L’action conjointe est une forme collective de l’action, où les participants adaptent leurs propres actes à ceux en cours et guident ainsi l’autre dans sa manière de (ré)agir (Mead,1934).

Ainsi, l’action peut être une adaptation à la nature de la relation entre acteurs. Mais la théorie des actes de langage ne nous informe pas sur la façon dont se développe et se maintient la relation. Cela nous semble pourtant essentiel pour comprendre la formation de l’effet perlocutoire. Car si la force illocutoire et la performativité sont des concepts qui ont été largement repris, les modalités de l’engagement qui en permettent la portée heuristique méritent encore d’être développées.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 8 mai 2012

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