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Stéphane LABBÉ : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
L'émergence de l'édition numérique bouscule l'ensemble des acteurs de l'industrie québécoise du livre tout comme elle affecte chacune de leurs fonctions. La nature dématérialisée du livre numérique, ses prix publics plus bas que les éditions imprimées, sa production simple et accessible à la majorité tout comme sa vocation virtuelle qui n'a de frontière que celle de la langue, sont autant d'éléments affectant l'écosystème traditionnel du livre.
Dans un tel contexte, les taux de croissance des ventes de livres électroniques peuvent en faire jubiler quelques-uns et en affoler d'autres, la réaction étant déterminée selon que l'on pense que cette croissance provient du développement d'une nouvelle clientèle qui s'ajoute à celle des éditions imprimées ou, à l'inverse, que cette fulgurante progression des ventes n'est en fait qu'un simple déplacement des lecteurs vers ce nouveau format.
Le marché du livre électronique est récent et il évolue rapidement. Il importe de faire le point à ce sujet, de mieux comprendre le marché du livre électronique ainsi que la nouvelle réalité des acteurs qui sont au cœur de celui-ci, de mieux saisir les tendances, les pistes qui pourraient guider la recherche.
Depuis plusieurs années, les nouvelles technologies diversifient l’accès aux arts et à la culture. Elles peuvent avoir un effet cumulatif sur l’offre culturelle et favoriser la consommation des groupes déjà fortement dotés en capital culturel. Elles peuvent aussi contribuer à la spécialisation des publics. À cela s’ajoute l’effet de la composition démographique des sociétés occidentales qui comptent désormais des groupes issus de différentes communautés ethnoculturelles et linguistiques. On assiste, en effet, à la multiplication des réseaux dans lesquels des communautés de goûts réunies autour de certains produits culturels valident leurs choix et légitiment leurs pratiques culturelles. Comment interpréter le rôle traditionnel des pairs dans la transmission des goûts pour la culture dans ce contexte ? Les nouvelles technologies génèrent-elles systématiquement de nouveaux publics ? Comment les processus de médiation culturelle s’en trouvent affectés ? Ces questions invitent également à repenser à la proximité de l’artiste et de son public, au poids des industries culturelles et de la création indépendante dans cette nouvelle donne, aux objectifs de démocratisation et de démocraties culturelles des administrations publiques, mais aussi aux liens entre des référents culturels transmis par ces nouvelles pratiques et leur impact sur l’identité collective dans un espace sociopolitique donné. Ce colloque propose donc d’examiner les transformations des pratiques culturelles liées aux technologies numériques et leurs conséquences sur les différents acteurs des arts et de la culture.
Titre du colloque :